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Le réseau Serial Kronik fédère des chroniqueurs indépendants désireux d'informer avec passion mais objectivité sur le roman noir et le polar.

Edito

TRAVAILLEUR DE L'OMBRE OU PASSEUR DE LIVRES ?


 

Ma dernière intervention sur ce site semble dater du 18 août. Je rendais hommage à Paco Ignacio Taibo II, vieil ami du polar, croisé pour la première fois en 1987, lors du salon de Grenoble. Le temps a passé. Certes depuis 1987, c'est une évidence, mais aussi depuis le 18 août puisqu'on file allégrement vers les deux mois bien tassés durant lesquels je n'ai pas rajouté une simple virgule à ce site. Les habitués de calibre 47, et je les félicite pour leur fidélité, ont l'habitude de se connecter sur un  site dont l'administrateur, disons-le de façon crue, n'a pas que ça à faire. C'est vrai que je travaille dans l'ombre, comme l'avait relevé avec une subtilité confinant à un sixième sens une journaliste de Valeurs actuelles. Mais je n'ai rien d'un Machiavel; Par exemple, j'ai eu le plaisir ces dernières semaines d'animer deux journées de formation auprès des bibliothécaires de Lausanne, puis de Villeneuve lez Avignon. Le sujet était identique: les polars nordiques. Savez-vous combien d'auteurs nordiques ont bénéficié d'au moins une traduction en français ? Le chiffre de 180 approche la vérité, mais il risque d'être rapidement dépassé. Eh bien, n'écoutant que ma bonne conscience de passeur de livres, je suis en train de confectionner un document qui avoisinera les 150 pages avec la liste complète des auteurs nordiques et des notules critiques sur leurs romans.

En novembre, je présenterai un sujet jusqu'ici inédit dans la liste de mes sujets concernant la formation. Il s'agit du polar historique. Là encore, il y a pléthore. Certes, je connaissais tous les classiques du genre ainsi que les nombreuses séries de qualité avec lesquelles les éditions 10/18 ont bâti leur réputation, mais il y a aussi, ce que certains appellent  "one  shot", comme par exemple Le nom de la rose (1980), premier opus d'Umberto Eco, couronné à sa sortie par le Prix Médicis étranger. Tout cela pour vous dire que, là également, je suis en train de confectionner un document, qui ne sera certes pas exhaustif, mais il pourra rendre des services à ceux qui souhaiteront le recevoir. Oui, vous avez bien lu. Ces travaux ne sont pas faits dans un but vénal ou égoïste, mais sont destinés en premier lieu à toutes les personnes qui soit en stage de formation, soit lors d'une conférence à Bon Encontre, m'ont communiqué leur e-mail. Mais si ces documents vous intéressent, il vous suffira de me transmettre votre adresse électronique pour les recevoir en pièce jointe, mais inutile de vous presser car je n'aurai pas fini avant quelques semaines.

Claude Mesplède
Passeur de service (cmpapagayo@gmail.com)

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TOULOUSE POLARS DU SUD – QATRIEME EDITION

Publié dans Salons du polar Vendredi 13 janvier 2012

La quatrième édition du festival de Toulouse Polars du sud se déroulera, selon le calendrier rituel, durant le second week-end du mois d’octobre 2012, soit samedi 13 et dimanche 14. Mais toujours selon notre autre rituelles jeudi  11 et vendredi 12 seront consacrés à des rencontres décentralisées avec les scolaires et les lecteurs des bibliothèques et médiathèques de la région Midi-Pyrénées. En 2011, ce furent au moins quarante rencontres de  ce type qui furent organisées  avec 20 rencontres auteurs/lycéens ou écoliers et un nombre pratiquement identique avec les adultes des médiathèques.

Sans qu’il ne soit établi au cordeau, nous connaissons plusieurs éléments du programme 2012 et les premiers auteurs contactés nous ont fait part de leur accord pour venir présenter leurs romans et débattre lors des tables rondes que nous animerons en octobre.

La suite de ces informations sera présentée demain vendredi 13, une date symbolique.

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Il n’y a pas de mauvais genres…

Publié dans Actualités Vendredi 13 janvier 2012

Alors que l’an 2012 pointe son nez, on se rend compte que, de plus en plus, notre vie se trouve régie par l’évolution fantastique des sciences et des techniques, notamment dans le domaine de l’informatique, de l’audiovisuel, de la video et du reste. En parallèle à cette évolution, les relations humaines s’avèrent bien appauvries et marquent un sacré retard. Ainsi, j’étais un de ceux qui pensaient que la tribu des polardeux, à l’exception de quelques couacs nullement mélodieux, avait dans l’ensemble des rapports normaux, sans pour autant sombrer dans l’angélisme ni penser que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Comme j’en connais qui vont me demander ce que signifie l’expression « avoir des rapports normaux », je précise ma pensée à ce propos : ce sont des rapports qui peuvent tourner à l’engueulade, parfois, mais qui généralement sont empreints d’intelligence, de courtoisie et de tolérance. En plus court, on pourrait dire aussi qu’il importe d’avoir du respect pour son interlocuteur. Non seulement c’est une façon de faire que je m’efforce d’appliquer mais j’ai tendance à l’apprécier également chez les autres. Comme disait Popek, on n’est pas des sauvages !

Que le Diable m’habite. Il semblerait que si ! Nous sommes des sauvages ! Si toutefois j’en crois la teneur de quelques messages lus sur la liste des membres de 813. Je ne vais pas relancer la polémique d’autant que j’ignore à peu près tout des personnes ou des auteurs concernés. J’ignore leurs noms ainsi que la nature de leur différend. Mais je ne peux pas garder le silence lorsque je lis qu’une animatrice de l’association Fondu au noir, Caroline de Benedetti, s’est fait traiter de pute. On n’est plus dans la discussion courtoise et quel que soit le sujet l’insulte ne constitue pas un argument. Qui plus est, son statut de femme autorise ce vocable, profondément machiste. Si l’insulté avait été un homme, comment se serait-il fait insulter ? Aurait-on osé le traiter de peine-à-jouir ou bien de bois-sans-soif ?

Comment en est-on arrivé là ? Et pour qui nous prenons-nous pour conclure un débat par des insultes. J’ignore s’il s’agit de ce vieux clivage qui existe chez certains polardeux. Les uns défendent le roman noir à outrance, les autres le thriller et c’est à qui prouvera qu’il a raison et bien évidemment que l’autre a tort. A soixante-dix ans passés, ce type de discussion, je m’en tape allégrement. Ce faux débat qui vise à opposer deux genres populaires ne me passionne pas et si mon interlocuteur a l’impression qu’il possède la vérité, je la lui laisse  bien volontiers. Mais j’ai commencé de parler sur ce sujet et je me dois de continuer. Lorsque le 10 juin 1980, des auteurs, des critiques et des lecteurs ont fondé l’association 813 des amis des littératures policières, leur souci était de défendre les romans policiers. Tout le roman policier. À l’époque, le genre policier était traité avec un mépris total par ce qu’il est convenu d’appeler la critique. Quant à ceux qui le lisaient, ils passaient pour des lecteurs de mauvais goût. Nous en avions raz la casquette d’être considérés comme des sous-développés du bulbe rachidien, pour la simple et unique raison que nous aimions les récits criminels. 

 Pour mieux faire connaître ces romans que nous aimions, nous avons regroupé nos énergies, fédéré nos moyens et engagé des campagnes d’explications relayées par les premiers salons ou festivals polars que nous n’avons cessé d’organiser et qui, en ces temps-là, existaient à un seul exemplaire pour toute l’année : Reims (1980-1986), Grenoble (1987-1989), Saint-Nazaire (1987-1997). Nous avons défendu le genre et tous ses sous-genres, sans exclusive, aussi lorsque je me trouve confronté à des collègues qui veulent privilégier le noir au thriller ou bien l’inverse, je trouve cette comparaison aussi stupide que de demander à un gamin s’il préfère son papa ou sa maman. J’estime que la courtoisie devrait être chez les polardeux une règle de conduite dans une discussion ou un débat. Un différend entre deux individus ne peut pas se limiter à traiter l’autre d’enculé. D’abord l’expression manque cruellement d’élégance pour des gens de lettres ; ensuite les atteintes à la vie privée ne doivent pas avoir cours dans un débat sur un texte.

Restent d’autres questions sur le rôle du critique, sur la nécessité de publier ou non des critiques négatives et finalement sur la fonction qui devrait être celle de tous ceux qui tiennent des blogs ou des sites sur lesquels ils affichent des compte-rendus de leurs lectures. Pour ma part, même si j’ai inscrit « critique » sur ma carte de visite, je choisirais plutôt le terme de chroniqueur dans la mesure où la partie que je traite concerne autant mes lectures que des informations sur le monde des polardeux. Le terme de « critique » doit d’ailleurs être manié avec prudence, car à quelques exceptions qu’on peut compter sur les doigts de la main d’un mutilé du travail, la  dite critique sur Internet consiste à paraphraser l’essentiel du roman en un résumé si complet que le lecteur a l’impression d’avoir lu le livre avant même de l’avoir ouvert. Bien entendu, je récuse la vieille antienne voulant qu’un critique ne le devienne qu’après avoir écrit lui-même un roman. Cela signifierait aussi qu’on aurait le droit d’évoquer un film à l’unique condition d’en avoir mis en scène au moins un. J’en passe et de meilleures encore. C’est ridicule et la fameuse appréciation qui revient régulièrement comme les radis, depuis un siècle, affirmant que « le critique est un auteur raté » est un manque évident de réalisme. Combien de fois m’a-t-on proposé d’écrire des fictions et j’ai décliné les invitations, non pas que je me considère comme auteur raté, mais plus exactement écrire de la fiction m’intéresse moins que d’écrire sur les auteurs ou sur les livres. Je préfère apporter à mes lecteurs des arguments pour leur donner le goût de lire. C’est ce que je considère comme primordial dans notre société et je répète toujours dans les salons que je parraine : « lire rend moins con » et j’y crois dur comme fer. Mais peut-être suis-je dans l’erreur. Il doit exister des individus qui  pourront lire un roman par jour en restant toujours bas de plafond.

Quoi qu’il en soit bonne année à tous mes amis. Je suis également dans l’impossibilité de répondre individuellement à toutes les personnes qui m’ont souhaité un bon anniversaire car le nombre dépasse les 150 messages sur Facebook, sur le Net ou par SMS et messages vocaux sur mon Smartphone. Sachez que tous ces petits mots personnalisés m’ont beaucoup touché. Merci à toutes et tous et sachez aussi que ma santé se maintient au beau comme prévu.



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