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Salons du polar
Je l’ai déjà expliqué à diverses reprises mais répétons nous au cas où quelques lecteurs n’auraient pas lu l’information. Chaque année, aux environs de la mi-juillet, un gigantesque salon littéraire se déroule dans la ville portuaire de Gijón, province des Asturies en Espagne. Et l’endroit ressemble bougrement à la belle Bretagne : on y boit du cidre, joue du biniou (à tout le moins un instrument analogue), on y croise des gens accueillants comme savent l’être les Bretons, enfin on peut y voir des dolmens et parfois s’y mouiller sous des averses surprises. Alors, vous pouvez déjà imaginer ce salon. Il rassemble durant une semaine (de dix jours) environ 150 auteurs invités. Des auteurs qui écrivent du polar, de la science-fiction, du roman historique, des essais sur le genre que nous aimons.
Mais cette foule d’auteurs n’est pas isolée de ses lecteurs, bien au contraire. C’est une véritable fête consacrée à la lecture car plus d’une vingtaine de stands de libraires forment un sacré bataillon culturel au sein d’une fête foraine où le Grand huit voisine avec un vendeur de DVD d’occasion et tel autre manège tient compagnie au stand d’une librairie de bandes dessinées. On chante, on trinque mais on débat également durant des tables rondes et les présentations de chacune des nouveautés parues dans l’année et qui ont présidé à l’invitation de tous ces joyeux compagnons. D’autant plus joyeux qu’ils participeront sans chichi à une soirée karaoké, puis le lendemain, costumés et habilement maquillés, joueront une pièce écrite par l’un d’entre eux (Mateo-Sagasta si j’ai bien suivi). Vous comprendrez qu’on se poile à la Semana Negra comme nulle part ailleurs.
Sauf le vendredi matin où brusquement l’ambiance devient tendue.
A onze heures, Paco Ignacio Taibo II, le créateur et animateur perpétuel de la Semana [celle-ci fête en 2010 ses 23 années d'existence] va annoncer au public et à la presse les noms des cinq gagnants des divers prix en compétition où pour chaque rubrique, cinq ou six ouvrages se trouvaient sélectionnés. Et le secret avait été bien gardé par les cinq jurys respectifs, tous composés par un trio de romanciers et romancières. Et pas de magouille, ni de coups bas. Il n’est qu’à lire les livres gagnants pour s’en convaincre ; Il n’est qu’à assister à la présentation d’un auteur par un de ses confrères. Ce dernier est d’un enthousiasme et d’un dynamisme que j’ai rarement rencontré en France. C’est encore un aspect positif de cette semana. Même si les ego de chacun sont présents, ce qui me semble naturel, ils n’accaparent pas plus qu’il ne le faut, le devant de la scène. Bon alors qu’à présent, les retardataires, les « qui savaient pas » ce qu’était la semana negra, je vais vous parler d’un monsieur fantastique que j’y ai rencontré. J’ai même diné en tête à tête avec lui et appris des tas de choses sur la vie politique argentine.
Avant de vous parler de lui, une seconde de patience pour vous signaler une autre rencontre étonnante. Il y a quatre ans de cela, Miguel Rios, un des chanteurs de rock les plus fameux d’Espagne, était invité à la semana. Comme j’ai toujours de la chance, Miguel Rios m’a convié à partager sa table vers une heure du matin et nous avons devisé et chanté jusqu’à sept heures du matin. Cette année, autre rencontre incroyable. Après le repas du soir, je me suis trouvé en face de Curro Savoy, King of the Whistlers, Rey del silbido ou si vous n’avez pas encore tilté, j’étais en présence du roi des siffleurs. C’est quoi un roi des siffleurs ? C’est la personne qui a enregistré la partie sifflée de la bande originale du film Le bon la brute et le truand, entre autres car il a sifflé sans tous les films de Sergio Leone. Au total, Curro Savoy a sifflé pour la bande musicale d’une centaine de films. Bien sûr, il ne fait pas que cela. Il joue aussi de la guitare et chante le blues, ce que nous avons fait ensemble durant quelques heures. Au moment de son départ, il m’a offert un de ses disques.
EN DIRECT DE LA SEMANA NEGRA
amis y amigos. Voilà à présent cinq jours que je me trouve au coeur de cette étrange manifestation appelée semana negra qui se traduit en français par semaine noire. Si nous pouvons être fiers de l’usage du mot « NOIR » qui qualifie une espèce particulière d’ouvrages du genre policier (le mot noir étant hérité de la fameuse collection série noire que baptisa ainsi le camarade Jacques Prévert) les Espagnols et principalement ceux de Gijon peuvent s’enorgueillir d’avoir inventé par l’intermédiaire de l’ami Paco Ignacio Taibo II, le concept de la semaine noire. Déjà, celle-ci dure dix jours, ce qui est original. Si c’était ainsi toute l’année, au lieu de 365 jours, les années se dérouleraient en 520 jours. Vous imaginez combien de temps, nous aurions en plus dans toute une vie ? Nous aurions chaque année un bonus de 155 jours. Mais certainement le diable et ses sbires n’aimeraient pas ce changement. Quant aux politiques qui rêvent de reculer l’âge de la retraite à tous ceux qui sont obligés de perdre leur vie pour la gagner, ils feraient une drôle de tête.
Petite digression : certains commentateurs précisent toujours que les ministres vont prendre des mesures courageuses. Tremblons ! car chaque fois que la mesure est qualifiée de courageuse c’est qu’on va encore en prendre un coup dans les dents ou dans l’arrière-train si vous voulez faire plus réaliste. Une mesure courageuse serait de supprimer le régime de retraites de faveur appliqué aux ministres et aux députés pour qu’ils subissent comme tout le monde les mesures courageuses qu’ils souhaitent prendre. Car ces messieurs qui ont fait don de leur corps à la société et qui se dévouent sans compter pour le pays, partent tous à la retraite avec des pensions qui peuvent atteindre plus de 20.000 euros par MOIS. Fin de la digression.
Je reviens à la semana negra. Si vous voulez en connaitre le principe, rendez-vous sur mon site CALIBRE 47 – ou encore www.claudemesplede.com
pour lire mon premier article sur cette 23e semaine.
Sachez tout d’abord qu’en cinq jours, le temps a généralement été chaud avec quelques moments de fraîcheur dans la soirée. Les amis sans connaissance géographique doivent savoir que cette région espagnole ressemble furieusement à la Bretagne: même genre de paysages, et aussi des dolmens, une forte production de cidre, un instrument de type biniou et un climat dans lequel la pluie occupe un rôle intéressant.
DEPUIS jeudi soir, date de mon arrivée à Madrid, il s’en est passé des choses. Comme pas mal d’autres participants, j’ai pris le train noir, un train spécial qui rallie Madrid jusqu’à Gijon avec un arrêt buffet à Mieles del Camino où tous les voyageurs descendent du train et traversent une partie de la ville jusqu’à un gymnase où un gigantesque buffet froid servi sur des alignements de tables les attend. Lorsque trente minutes plus tard, la troupe repart s’embarquer, il est difficile de trouver la moindre miette sur les plats. Tout a été englouti. L’arrivée en gare de Gijon s’effectue vers 17h20. Dans le hall, un orchestre symphonique nous attend pour jouer des classiques hollywoodiens. Non prévu dans le programme, une manifestation syndicale fort active et bruyante (avec les fameuses trompettes d’Afrique du sud) empêche le concert de se poursuivre. Une des manifestantes est à terre avec trois membres de la police qui l’interpellent et visiblement l’embarquent dans un de leur véhicule ce qui aura pour effet, deux heures après, de retrouver les mêmes manifestants devant le musée du chemin de fer où doit se dérouler l’inauguration de la semana negra. En plus des slogans rodés quelques heures auparavant, est venu s’ajouter une exigence: libération de la camarade arrêtée dans la gare.
Ce n’est pas seulement parce que je fus et je reste un syndicaliste que ces manifestations me sont sympathiques (ma dernière visite en 2007, avec le même train, fut le théâtre d’une puissante démonstration syndicale pour la libration de deux syndicalistes accusés de vandalisme suite à la destruction de plusieurs lampadaires) mais aussi parce qu’elles témoignent que dans un pays où l’action syndicale connait des difficultés, il existe toutefois des résistants qui ne se résignent pas.
Un train spécial, avec un bar spécial (les boissons non alcooliques gratuites) est un endroit magique pour lier connaissance. J’avais posé sur la tablette de mon siège un roman publié chez Actes sud « la dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon ». Un homme passe dans le couloir et s’arrête en me disant « mais c’est mon roman » et me voici en présence de l’auteur José Luis Munoz, citoyen de Grenade. Nous lions connaissance et échangeons nos cartes de visite. J’explique à José Luis qu’il a de grandes chances en 2011 de visiter Toulouse. Et les rencontres se poursuivent avec des amis très chers comme Carlos Salem et Cristina Fallaras ou avec de nouveaux auteurs croisés pour la première fois comme le britannique Ian Watson, auteur de science-fiction et du scénario du film de Spielberg « intelligence artificielle ». Ou encore comme le nord-américain Martin Cruz Smith dont j’ai rédigé l’article le concernant dans mon dictionnaire des littératures policières. Pour faire court, disons que fils d’un musicien de jazz et d’une indienne militante pour les droits de minorités, il est l’auteur d’une bonne vingtaine d’ouvrages si l’on compte ceux écrits sous pseudonymes. Dans sa série avec le flic moscovite Renko, la première enquête Parc Gorki fut portée à l’écran avec Lee Marvin dans ce rôle de flic. Pour ma part, mais on sait depuis longtemps que toute lecture reste subjective, je trouve que son meilleur roman s’appelle ROSE qu’on peut trouver en poche chez Presse Pocket. L’action se déroule dans un bassin minier du Royaume uni et les conditions d’exploitation des mineurs sont clairement énoncées. Un pasteur idéaliste qui veut améliorer le sort de ces forçats de la mine, disparaît. Un aventurier de retour d’Afrique, mène l’enquête. J’ai appris dans ce livre que les gens d’église, possédaient en ce temps là des mines mais pour connaître le reste de l’histoire, n’hésitez pas à vous procurer cet ouvrage. Ce qui saute aux yeux lorsqu’on examine la liste des quelques 150 invités, c’est le nombre de nouveaux jeunes auteurs ainsi que l’augmentation du nombre de femmes romancières. Cela me semble un phénomène très positif car chaque fois que les femmes s’emparent d’un problème, il y a nécessairement des résultats à la clé. Voici trois de ces nouvelles pionnières qui, à l’instar de Mary Roberts Rinehart (auteur du premier suspens) ou de Frances Noyes Hart (auteur du premier roman judiciaire) peuvent apporter une nouvelle originalité : Noemi G. Sabugal, journaliste espagnole, auteur de « El asesinato de Socrates » – Nerea Riesco, journaliste espagnole et écrivain, lauréate d’un prix littéraire pour El Pais de las mariposas, auteur de plusieurs romans historiques et je vais conclure pour aujourd’hui en vous citant le nom d’une journaliste argentine, Gabriela Cabazon, auteur de la Virgen cabeza, qui figure parmi les finalistes du meilleur premier roman; a demain.
VIVE LA SEMANA NEGRA DE GIJON

QUELQUES UNS DES PARTICIPANTS A LA SEMANA NEGRA AU DEPART DU TRAIN NOIR DE LA GARE DE MADRID, VENDREDI 9 JUILLET 2010
Voilà bien longtemps que je ne suis pas venu sur cette page mais l’actualité m’impose de changer d’habitude. L’actualité et aussi le fait que j’ai du temps libre. Tellement libre que j’ai le temps de venir écrire sur cette page.
L’actualité, en cette période de l’année, est un événement international qui n’a aucune équivalence dans le monde. Il s’agit de la semana negra organisée par l’auteur mexicain Paco Ignacio Taibo II. Durant la seule semaine au monde qui dure dix jours, près de 160 auteurs du monde entier se rencontrent et rencontrent le public évalué à un million de personnes sur l’ensemble de la manifestation. Les auteurs sont principalement originaires d’Espagne et d’Amérique du sud, mais il y a aussi des auteurs européens et nord-américains. Cette année, par exemple, les auteurs français sont Sébastien Rutes, Patrick Bard et Marcus Malte. Le même sympathique mélange est à la base du choix des participants. S’appuyant sur le vieux principe qui estime que « il n’y a pas de genre mineur mais seulement de bons et de mauvaise livres », PIT II invite des auteurs de polars (écrivains de noir, mais aussi de polars historiques et de thrillers) de science-fiction, de fantastique, des auteurs de BD, de comics et des photoreporters. Une véritable mosaïque de talents qui s’exercent dans diverses directions.
Dans sa présentation, PIT II est plus précis que moi. Il définit la semaine noire comme une grande fête littéraire qui n’a pas peur de faire des incursions dans la fête populaire. Pour saisir la réalité du propos, il convient de vous dire que la vingtaine de librairies et les lieux de débats et autres tables rondes littéraires sont disséminés au cœur d’une fête foraine géante, sorte de luna park au bord de la mer avec ses roues fantastiques et ses manèges géants qui président à cette gigantesque animation autour des livres que nous aimons.
PIT II reprend : « 147 auteurs de 14 pays, et venant de dix nations, des journalistes accrédités représentant 57 medias, des expositions, des concerts musicaux…
En ces temps sombres, la littérature paraît être le lieu unique où se développent la pensée critique et la pensée utopique ».
Voilà, j’étais vendredi 9 juillet à l’inauguration de cette fête populaire et littéraire. Mais auparavant il m’a fallu affronter l’adversité et le malheur. Je vous raconterai ça demain. Sachez que l’adversité c’est mon vol Easyjet Toulouse Madrid avec arrivée à presque une heure du matin dans un aéroport où j’ai dû de débrouiller pour gagner la capitale sans un euro en poche car aucun distributeur n’acceptait ma carte Visa. Heureusement un fan de polar et de Toulouse avec lequel j’avais sympathisé durant l’attente de Toulouse (Merci Philippe) m’a prêté un billet pour payer la course du taxi. Le malheur ! à peine arrivé à l’hôtel et prodigué un abrazo à PIT II et à Sébastien Rutés, Marina la fille de PIT II surgit en larmes pour nous annoncer la mort de Hernadez Luna, un talentueux écrivain mexicain dont je vous recommande la lecture de ses ouvrages traduits en français, notamment Iode et du tabac pour le puma ; A demain
TOULOUSE POLARS DU SUD
7 – 10 OCTOBRE 2010
Deuxième salon international
des littératures noires et policières
INVITÉS D’HONNEUR
Jean Vautrin & Jacques Tardi
Loriano Macchiavelli
La Série Noire
Hommage à Thierry Jonquet
Histoire et actualité du roman policier italien
Fiction policière et réalités sociales
DÉDICACES, DEBATS, LECTURES ET SOIXANTE-DIX INVITÉS
Ecosse : Peter May. Espagne : José Manuel Fajardo, Carlos Salem, Jeronimo Tristante, José Carlos Somoza. Iran : Nairi Nahepetian. Italie : Piergiorgio Di Cara, Massimo Carlotto, Gianrico Carofiglio, Diana Lama, Loriano Macchiavelli, Alessandro Perissinotto, Gilda Piersanti, Giampaolo Simi. Turquie : Mine G. Kirikkanat. France : Christine Adamo, Mouloud Akkouche, Ingrid Astier, Michel Baglin, Jérôme Camut & Nathalie Hug, Jules Celma, Thierry Colombié, Dominique Delpiroux, Pascal Dessaint, DOA, Hélène Duffau, Fabienne Ferrère, André Fortin, Christophe Guillaumot, Marin Ledun, Hervé Le Corre, Dominique Manotti, Claude Mesplède, Aurélien Molas, Viviane Moore, Patrick Mosconi, Jean-Hugues Oppel, Jean-Pierre Orsi, Patricia Parry, Francis Pornon, Christian Roux, Benoît Séverac, Romain Slocombe, Franck Thilliez, Jan Thirion, Tito Topin, Pascal Vatinel, Jean Vautrin, Marc Villard, Alain Wagneur, Lalie Walker, Maurice Zytnicki. Auteurs Jeunesse : Claudine Aubrun, Malika Ferdjoukh, Claire Gratias, Christian Grenier, Marin Ledun, Jean-Hugues Oppel, Christian Roux. Dessinateurs BD : Jean-Christophe Chauzy, Patrick Deubelbeiss, Miles Hyman (Etats-Unis), Hugues Labiano, Marc N’Guessan, Jeanne Puchol, jacques Tardi, Laurence Tramaux.
Jeudi 7 et vendredi 8 octobre
rencontrez nos invités dans les bibliothèques de Midi-Pyrénées
retrouvez-les Librairie de la Renaissance. Métro : Basso cambo
Samedi 9 et dimanche 10 octobre
Formation avec Frédéric Prilleux :
jeudi, 9 à 12 h, BD et polars. Vendredi, 9 à 12h, « Crime comics » anglais et américains. Ouvert aux professionnels et adhérents 813 ou TPS.
Dans ce salon, les photos porteront la marque indélébile de nos amis Xavier Hacquard et Vincent Loison, dits les Pictographes.
Renseignements : toulouse.polars.du.sud.over-blog.com
Samedi 9et dimanche 10 octobre
La seconde édition de Toulouse Polars du sud se tiendra du 7 au 10 octobre 2010. Le conseil d’administration de notre association a décidé d’élargir la plage de cette manifestation et de débuter le jeudi afin de permettre aux bibliothécaires de la région Midi Pyrénées de participer ce jeudi 7 à une matinée professionnelle consacrée à la bande dessinée policière. Pour présenter un tel sujet, nous avons fait appel au grand spécialiste national Frédéric Prilleux qui dirige la médiathèque de Pordic, dans les Côtes d’Armor. Une médiathèque appelée la Noiraude dont la spécificité consiste à indexer et assurer la conservation de toutes les nouvelles policières écrites par des auteurs français. Si vous cherchez la bibliographie d’un auteur, vous pouvez noter le tuyau et écrire à l’équipe de la Noiraude, Médiathèque municipale 22590 Pordic. A noter que la matinée du vendredi 8 octobre, Frédéric Prilleux interviendra de nouveau sur la BD policière avec un second sujet toujours dans le cadre de la formation. Destinées à tous les professionnels des métiers du livre, ces demi-journées sont également ouvertes à tous les adhérents de Toulouse Polars du sud et de l’association 813.
Débuter ce salon dès le jeudi 7 octobre offre aussi la possibilité de proposer aux responsables des bibliothèques et médiathèques de Midi Pyrénées d’inviter différents auteurs français ou étrangers et d’organiser avec leur concours des animations le jeudi et le vendredi, le salon toulousain débutant samedi en matinée pour s’achever dimanche en fin d’après-midi. A ce jour, la programmation est quasi-achevée avec 72 invités dont une douzaine de dessinateurs. Conformément à notre spécificité, nous avons conviés des romanciers espagnols, italiens ainsi qu’une romancière iranienne et une autre turque.
En attendant de vous dresser la liste complète, voici l’affiche de cette seconde édition, affiche due au talentueux Jo Pinelli, professeur à l’académie royale des beaux arts de Liège, ville belge déjà célèbre grâce à Georges Simenon.

 La ville de Templemars organise un Salon du Polar le samedi 26 septembre 2009 dans la continuité de ce qui a fait la réussite du premier salon en 2008.
- le Polar :
La rencontre d’une vraie littérature portée par le dynamisme des ch’tis dans une région où les lecteurs sont friands des romans noirs et les auteurs prolifiques.
- les rencontres et dédicaces :
Franck Thilliez présentera « l’anneau de Moebius ».
Une quarantaine d’auteurs seront présents : Anne Clerson, Bruno Descamps, Christophe Debien, Dirk Degraeve, Eléna Piacentini, Emmanuel Sys, Eric Lefebvre, Franck Thilliez, Gilles Warembourg, J. Wouters, Jean-Marc Demetz, Jean-Paul Fosset, Jean-Christophe Gérard, Jean-Christophe Macquet, Johann Moulin, Laurence De Greef, Laurence Fontaine, Léo Lapointe, Lucienne Cluytens, Michel Vigneron, Noel Simsolo, Pascal Jahouel, Paul Colize, Philippe Declerck, Philippe Masselot, Philippe Montaigne, Philippe Sturbelle, Roger Facon, Sandrine Rousseau, Sylvain Jazdzewski, Valéry Coquant, Viviane d’Helfaut, Yves Baudrin, Zacharie Depreytis…
- la convivialité :
Après un jazz band en 2008, cette année c’est une troupe de théâtre qui animera un Cluédo permanent dans lequel le visiteur devra découvrir le meurtrier d’un crime au sein du salon… Suspens garanti…
Toute la journée, des lectures interactives d’histoires policières seront proposées aux petits et aux grands.
Je ne figure pas sur la liste des auteurs invités,
mais je serai présent pour une conférence sur
l’histoire du roman noir américain
Une partie de la banda: (au premier plan) Eulalia Messales (Bibliothécaire), Paco Camarasa (Librairie Negra y Criminal) et l’excellent Massimo Carlotto. (en arrière) Leonardo Padura, créateur du flic cubain Mario Conde et El Jefe de la Banda, Francisco González Ledesma. Lire la suite »

TOULOUSE
9, 10 et 11 octobre 2009
Premier salon des littératures
noires et policières
« Toulouse Polars du Sud »
invite l’Espagne
Seront présents les auteurs
Francisco González Ledesma, Alicia Giménez Bartlett,
Raúl Argemí, Juan Madrid, Alfonso Mateo-Sagasta
Lorenzo Silva, Juan Bas, José Carlos Somoza, Carlos Salem
Jerónimo Tristante, Mariano Sánchez Soler, Fernando Mártinez Lainez,
Mauves sur Loire est une localité de la région nantaise qui compte environ 2800 âmes. Malgré sa taille modeste, Mauves possède un salon du livre dynamique et festif. Ce type de lieu où vous avez envie de revenir chaque année tant les membres de l’association « Mauves en noir » sont adorables, disponibles, toujours souriants et ils ne font pas semblant, ils bossent !
Ce salon avait lieu durant le dernier week-end d’avril. C’est donc du passé mais vous pouvez toujours vous préparer pour celui de l’année 2010. Selon le principe adopté à Lamballe, en Côte d’Armor, [où je connais un certain Frédéric que la victoire de l'En avant Guingamp en finale de la coupe de foot a dû mettre en joie] donc selon l’exemple de Lamballe, les auteurs invités sont logés chez l’habitant et ça se passe toujours très bien. Et on se retrouve le dimanche. Imaginez un dimanche matin où l’on vous propose vers 10 ou 11 heures, un plateau d’une douzaine d’huîtres avec un verre de Muscadet ou de gros plant pour arroser la meule. Lorsque vous avez d’un coup trente ou quarante affamés qui se présentent au même moment devant le kiosque à huîtres, les gars affectés à l’ouverture des mollusques n’ont pas le temps de faire la pause syndicale. D’autant qu’après les huîtres, les agapes se poursuivent avec des moules – frites. Là encore, comme s’ils étaient guidés par des odeurs de bonne cuisine, les polardeux surgissent d’un peu partout et certains savent se faire pressants pour recevoir la précieuse assiette contenant le second mollusque accompagné de frites.
Ce bilan serait incomplet si j’oubliais de mentionner la qualité du quintette « Trompette d’occasion » qui a accueilli en musique les auteurs à leur descente du train pour ensuite nous proposer une soirée jazzy du plus bel effet. Je me suis même laissé dire que certains polardeux avaient poussé la chansonnette avec les musicos. Notez encore ces deux initiatives littéraires de haut niveau : L’apprenti saucier est un roman, une aventure du Poulpe, œuvre collective des apprentis au bac pro « hôtellerie et restauration » du CIFAM de Sainte-Luce sur Loire dans le cadre des cours de français. Ma saucière bien aimée, ou les plaisirs culinaires du commissaire Maigret, est un luxueux document, format à l’italienne, également réalisé par différents jeunes du CIFAM déjà nommé mais aussi de l’école des métiers de l’imprimerie de Nantes. Le concept du livre consistait pour chaque jeune à lire une enquête de Maigret en recherchant un plat consommé par le commissaire. À partir de ce choix, chaque apprenti devait reconstituer la recette complète style livre de cuisine. Bravo à tous et bravo à leurs enseignants de français, de dessin et d’ailleurs pour cette façon ludique d’approcher littérature et écriture. C’est certainement celle qui marche le mieux. À noter la présence de l’ineffable JB Pouy dans ces projets. Il signe la préface du livre de cuisine et Mouloud Akkouche une nouvelle inédite en fin de volume.
30.000 visiteurs et plus de 2500 détectives dans les rues
Je viens de passer onze jours en vadrouille. D’abord au salon polar de Lyon, Quai du polar le bien nommé où les visiteurs furent très nombreux. Les organisateurs avancent le chiffre de 30.000 et concernant ceux qui ont participé au jeu de piste dans la ville afin de résoudre une énigme, j’ai entendu dire qu’ils étaient plus de 2500. C’est dingue ce qu’on peut réussir lorsqu’on est convaincu que la diffusion des livres, en particulier des polars, est une chose importante. C’est même un combat quotidien pour lequel il importe de se donner des moyens. C’est ce qui s’est fait à Lyon et les résultats sont à la hauteur de l’enjeu. Mais ce n’est pas un hasard car sur le plan de toutes les disciplines culturelles, j’ai lu dans une revue nationale que Lyon se classait première et ma belle ville de Toulouse, troisième. Comme l’an passé, j’ai rencontré une classe de prépa au bac. Comme l’an passé, j’ai offert à chaque élève un petit roman noir et je leur ai raconté l’histoire de ce genre que certains accommodent à toutes les sauces car ils en ignorent les fondements. Deux jours durant, j’ai rencontré des lecteurs curieux et érudits, dédicacé le dictionnaire des littératures policières ainsi que La crème du crime et mon roman Le cantique des cantines. J’ai fait connaissance avec de nouveaux auteurs dont Stéphane Michaka et Carlos Salem avec lequel j’ai chanté plusieurs rancheras. J’ai aussi dégusté les meilleures lasagnes du monde chez Hugues et Lise, rue Neuve, restaurant Au bon endroit. Au lieu de rentrer à Toulouse, je suis allé à Paris pour deux rendez-vous. Le premier avait lieu le mardi 31 mars vers 19h30. Il s’agissait de remettre les prix du roman noir français et étranger du Nouvel Observateur. J’ai fait partie d’un premier jury qui a sélectionné parmi plus de quatre-vingt titres les cinq finalistes dans chaque catégorie et c’est un second jury, composé d’une quinzaine de lecteurs du magazine qui a choisi les gagnants : Caryl Ferey pour Zulu et le britannique R.J. Ellory pour Seul le silence. Annonces, remerciements, photos et un buffet pour clôturer avec la joie de revoir des amis polardeux à peine quittés la veille.
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