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Salons du polar
La quatrième édition du festival de Toulouse Polars du sud se déroulera, selon le calendrier rituel, durant le second week-end du mois d’octobre 2012, soit samedi 13 et dimanche 14. Mais toujours selon notre autre rituelles jeudi 11 et vendredi 12 seront consacrés à des rencontres décentralisées avec les scolaires et les lecteurs des bibliothèques et médiathèques de la région Midi-Pyrénées. En 2011, ce furent au moins quarante rencontres de ce type qui furent organisées avec 20 rencontres auteurs/lycéens ou écoliers et un nombre pratiquement identique avec les adultes des médiathèques.
Sans qu’il ne soit établi au cordeau, nous connaissons plusieurs éléments du programme 2012 et les premiers auteurs contactés nous ont fait part de leur accord pour venir présenter leurs romans et débattre lors des tables rondes que nous animerons en octobre.
La suite de ces informations sera présentée demain vendredi 13, une date symbolique.

Après la ville de Reims qui
accueillit de 1980 à 1986 le premier festival polar en France, ce fut au tour
de Grenoble de prendre le relais de 1987 à 1989. Puis se furent Saint-Nazaire et les 24 heures du livre
du Mans. J’ai retrouvé dans mes archives quelques photos. Mais le temps a passé. Certes !
1 – LOS POLITICOS
Depuis vingt-quatre ans, pendant la première quinzaine de juillet, la ville de Gijón, dans la province des Asturies, s’anime pour recevoir la Semana Negra. Elle fut créée en 1987 par le chef de file du polar mexicain, Paco Taibo II, lequel à cette occasion, retrouvait sa ville natale que les Taibo avaient jugé bon de quitter en 1958 pour s’installer au Mexique, où la répression franquiste ne pourrait s’exercer contre cette famille de militants socialistes ou anarchistes.
Une semaine qui dure dix jours
Depuis vingt-quatre ans qu’existe la Semana Negra de Gijón, j’ai eu le privilège d’en connaître onze éditions (dont trois où je fus invité officiel) et je regrette toujours que le nombre de polardeux français qu’on y croise puisse se compter sur les doigts de la main d’un mutilé du travail. C’est pourtant une semaine (qui d’ailleurs dure dix jours) de rêve avec repas consommés en compagnie de diverses pointures du polar espagnol et international. Je ne peux pas non plus vous raconter les soirées en terrasse du Don Manuel, l’hôtel restaurant qui se transforme à cette occasion en quartier général des polardeux du monde. Ce don Manuel où chaque année, je suis frappé par la bonne humeur et les sourires des serveuses qui ne sont pourtant pas à la noce avec des salaires pire qu’en France, ce qui n’est pas peu dire. Et je vais vous confier un secret qui, de la sorte sera éventé. Parmi ces camareras, j’ai un petit faible pour Alba. Cette svelte jeune femme qui officie depuis trois ans arbore un sourire permanent et une chevelure avec des épis du plus bel effet. Au Don Manuel, on y boit sec, on y mange costaud, on y organise des conférences de presse et depuis plusieurs éditions, la salle du sous-sol est utilisée pour des animations festives. L’an passé, par exemple, un certain nombre d’invités s’étaient déguisés et maquillés pour interpréter une pièce écrite par le brillant Alfonso Mateo-Sagasta qui figurait parmi les invités de notre premier festival toulousain. Cette année, comme les précédentes, fut organisé un karaoké auquel ont participé les stars du polar et de la science-fiction. L’éventail des romanciers s’est en effet élargi depuis quelques années. Ce festival consacré exclusivement au roman noir à ses débuts, s’est transformé au fil des ans en un festival de conteurs d’histoires. Sont ainsi rassemblés des auteurs de noir, de SF, de fantasy, de romans historiques, de bandes dessinées sans oublier une importante contribution des photoreporters avec cette année une exposition de photographies étourdissantes sur les diverses révoltes qui se sont produites dans plusieurs dictatures arabes. Des images saisissantes, bouleversantes qui témoignent en faveur de l’homme et de sa liberté.
La Semana Negra est-elle menacée ?
J’ai utilisé le mot « liberté », car le devenir de cette manifestation est loin d’être assuré. Aux récentes élections municipales, l’équipe sortante à majorité socialiste, en poste depuis trente ans, est arrivée en tête une fois de plus, mais cette fois une alliance de l’opposition a permis à celle-ci de diriger la mairie. Cette tendance, générale dans tout le pays, n’est pas spécifique aux Asturies. Cela eut été un comble dans une région qui fut, notamment avec ses mineurs de charbon, un haut lieu de résistance et de contestation du franquisme. Simplement les difficultés, notamment économiques que vit l’Espagne, ont amené une partie de l’électorat à délaisser les candidats socialistes au profit de ceux de la droite. Le fait n’est pas nouveau. On constate partout que lorsque la gestion du pays se fait de façon la plus traditionnelle et la plus injuste qui soit (en faisant payer les pauvres et en attribuant des cadeaux financiers aux riches), nombreux sont les électeurs qui, dans ces conditions, préfèrent remplacer la photocopie de gauche par l’original de droite. C’est ce qui a eu lieu en Espagne et aussi à Gijón. Mais la politique n’est pas chose simple. Elle ne donne jamais dans la facilité. Cette attitude ouverte est cependant loin d’avoir été l’image donnée par la nouvelle municipalité de la ville de Gijón. Dans le passé, j’’ai connu la Semana negra installée dans l’immense parc qui jouxte le stade municipal de football (L’équipe de Gijón évolue en ligue 1). Au fil des saisons, des particuliers ont intenté des procès multiples à cause des nuisances sonores. Il y avait chaque soir un concert musical avec Mano negra et d’autres groupes illustres. Cette année, j’ai noté en vitesse les noms des groupes invités : Javi y los Parametricos ; La Tarrancha ; Pauline en la playa ; Xera ; Los Berrones ; Capitán Cavernícola Blues Band ; Stormy Mondays. Une ultime précision : l’entrée de ces concerts est gratuite.
Le blocus de la banane
Alors au gré des années et des procès de particuliers, le lieu de la Semana negra a souvent changé ces dernières années. Je me souviens d’une fois où l’intervention émanait d’un groupe protecteur de grenouilles. Un autre exemple, d’une nature différente a été rapporté où des opposants à la Semana negra avaient expliqué que la ville serait privée de bananes, le cargo les transportant ne pouvant accoster par la faute de la manifestation. Heureusement, le ridicule ne tue pas encore.
L’année 2012 a pourtant failli être fatale à la Semana negra. Les nouveaux élus ne se sont pas fait péter les varices pour soutenir l’événement. Au contraire, un peu de mauvaise volonté est toujours de nature à freiner le mouvement et à décourager l’adversaire. Mais les organisateurs sont gens obstinés et tenaces et même si les réjouissances ont débuté avec quinze jours de retard par rapport aux dates des années précédentes, l’essentiel a été préservé. L’inauguration de cette 24e semana negra fut d’une grande cocasserie. Paco Taibo fit l’effort de modérer son discours tant sur le fond et la forme que sur la longueur. Il fut acclamé plusieurs minutes durant par les Gijónais présents en nombre. Seul conseiller municipal présent, le nouveau chargé de culture prononça une allocution parmi les plus courtes que nous ayons jamais entendues regrettant d’avoir choisi d’intervenir en dernier et faisant le vœux que la semana se déroula sans incident.
Un rapport économique favorable
Le fait de boycotter délibérément la séance inaugurale illustre bien les progrès qui restent à accomplir chez les nouveaux élus. Une des pierres d’achoppement tient au versement d’une subvention de 2 ou 300.000 euros alors qu’en Espagne, prétendent-ils, la crise économique frappe dur le pays, comment peut-on justifier d’une telle dépense ? On connaît la musique. Ceux qui n’aiment ni ne comprennent le sport trouvent qu’on dépense trop dans ce domaine ; ceux qui n’aiment pas le théâtre trouvent inutile d’aider financièrement une troupe de comédiens. Ceux qui ne lisent pas estiment, avec les analphabètes que créer une bibliothèque municipale relève du superflu et on pourrait continuer à énoncer toutes les choses inutiles dans ce monde si chacun laisse parler ses égoïsmes et ses insuffisances de curiosité. La phrase classique connue et entendue par tous les présidents de festivals reste : « c’est bien joli tout ça, mais ça coûte trop cher ». Cette objection économique est exprimée sinon par la mairie, tout au moins par ses relais journalistiques et autres. Pour faire litière de ces arguties, la direction de la semana negra a fait connaitre le résultat d’une étude effectuée par un économiste spécialiste de ces questions. Il en ressort que contrairement aux idées reçues, ça ne coûte pas mais cela rapporte puisqu’un euro dépensé pour la semana negra par la mairie rapporte entre 13 et 14 euros à l’économie locale, en particulier dans le domaine des services. On tourne au final autour de 10,6 millions d’euros. Au fond, ce qui gêne dans cette affaire, ce n’est pas la dépense municipale, ce n’est pas non plus le bruit – personne ne proteste contre les jeunes qui tous les vendredis et samedis ne se couchent pas de la nuit et chantent et crient et boivent dans les rues de la ville.
Un contenu progressiste qui dérange
Ce qui gêne, c’est bien le contenu même de la semana negra, un contenu qui s’articule dans un décor festif susceptible d’ouvrir, par le biais de la fête, les portes de la culture aux plus démunis. Ces portes s’ouvrent ici, à Gijón par l’intermédiaire d’une vingtaine de librairies installées sous des tentes de toile blanche (modèle Thierry la Fronde, série TV française des années 1960). Ces portes s’ouvrent aussi en écoutant les débats multiples (en général chaque jour, une douzaine de tables rondes, débats, présentations croisées et autres modes de discussion autour des auteurs invités et de leurs livres). Ces échanges se déroulent sous des tentes d’une capacité de plusieurs centaines d’auditeurs. ET comme l’indiquait la manchette un tantinet provocatrice du numéro six de A Quemarropa (A bout portant), le journal du festival publié chaque jour sur huit grandes pages et distribué gratuitement : « Nous sommes de la Noire et aussi de la Rouge ». Au fond, les réticences ne viendraient-elles pas de là ? Ce qui renvoie à la phrase célèbre de Dashiell Hammett à la fin de sa troisième comparution devant le tribunal des activités antiaméricaines, face au sinistre sénateur du Wisconsin, Joseph McCarthy, affabulateur, menteur et poivrot de première (pas le genre à voter la loi sur la prohibition). Hammett déclara : « si je devais combattre le communisme, j’interdirai tous les livres ». Claude Mesplède
Dans une seconde partie seront présentés tous les auteurs avec lesquels j’ai pu avoir une rencontre durant cette semana negra 2011.
Je l’ai déjà expliqué à diverses reprises mais répétons nous au cas où quelques lecteurs n’auraient pas lu l’information. Chaque année, aux environs de la mi-juillet, un gigantesque salon littéraire se déroule dans la ville portuaire de Gijón, province des Asturies en Espagne. Et l’endroit ressemble bougrement à la belle Bretagne : on y boit du cidre, joue du biniou (à tout le moins un instrument analogue), on y croise des gens accueillants comme savent l’être les Bretons, enfin on peut y voir des dolmens et parfois s’y mouiller sous des averses surprises. Alors, vous pouvez déjà imaginer ce salon. Il rassemble durant une semaine (de dix jours) environ 150 auteurs invités. Des auteurs qui écrivent du polar, de la science-fiction, du roman historique, des essais sur le genre que nous aimons.
Mais cette foule d’auteurs n’est pas isolée de ses lecteurs, bien au contraire. C’est une véritable fête consacrée à la lecture car plus d’une vingtaine de stands de libraires forment un sacré bataillon culturel au sein d’une fête foraine où le Grand huit voisine avec un vendeur de DVD d’occasion et tel autre manège tient compagnie au stand d’une librairie de bandes dessinées. On chante, on trinque mais on débat également durant des tables rondes et les présentations de chacune des nouveautés parues dans l’année et qui ont présidé à l’invitation de tous ces joyeux compagnons. D’autant plus joyeux qu’ils participeront sans chichi à une soirée karaoké, puis le lendemain, costumés et habilement maquillés, joueront une pièce écrite par l’un d’entre eux (Mateo-Sagasta si j’ai bien suivi). Vous comprendrez qu’on se poile à la Semana Negra comme nulle part ailleurs.
Sauf le vendredi matin où brusquement l’ambiance devient tendue.
A onze heures, Paco Ignacio Taibo II, le créateur et animateur perpétuel de la Semana [celle-ci fête en 2010 ses 23 années d'existence] va annoncer au public et à la presse les noms des cinq gagnants des divers prix en compétition où pour chaque rubrique, cinq ou six ouvrages se trouvaient sélectionnés. Et le secret avait été bien gardé par les cinq jurys respectifs, tous composés par un trio de romanciers et romancières. Et pas de magouille, ni de coups bas. Il n’est qu’à lire les livres gagnants pour s’en convaincre ; Il n’est qu’à assister à la présentation d’un auteur par un de ses confrères. Ce dernier est d’un enthousiasme et d’un dynamisme que j’ai rarement rencontré en France. C’est encore un aspect positif de cette semana. Même si les ego de chacun sont présents, ce qui me semble naturel, ils n’accaparent pas plus qu’il ne le faut, le devant de la scène. Bon alors qu’à présent, les retardataires, les « qui savaient pas » ont appris ce qu’était la semana negra, je vais vous parler d’un monsieur fantastique que j’y ai rencontré. J’ai même diné en tête à tête avec lui et appris des tas de choses sur la vie politique argentine.
Avant de vous parler de lui, une seconde de patience pour vous signaler une autre rencontre étonnante. Il y a quatre ans de cela, Miguel Rios, un des chanteurs de rock les plus fameux d’Espagne, était invité à la semana. Comme j’ai toujours de la chance, Miguel Rios m’a convié à partager sa table vers une heure du matin et nous avons devisé et chanté jusqu’à sept heures du matin. Cette année, autre rencontre incroyable. Après le repas du soir, je me suis trouvé en face de Curro Savoy, King of the Whistlers, Rey del silbido ou si vous n’avez pas encore tilté, j’étais en présence du roi des siffleurs. C’est quoi un roi des siffleurs ? C’est la personne qui a enregistré la partie sifflée de la bande originale du film Le bon la brute et le truand, entre autres car il a sifflé dans tous les films de Sergio Leone. Au total, Curro Savoy a sifflé pour la bande musicale d’une centaine de films. Bien sûr, il ne fait pas que cela. Il joue aussi de la guitare et chante le blues, ce que nous avons fait ensemble durant quelques heures. Au moment de son départ, il m’a offert un de ses disques.
EN DIRECT DE LA SEMANA NEGRA
amis y amigos. Voilà à présent cinq jours que je me trouve au coeur de cette étrange manifestation appelée semana negra qui se traduit en français par semaine noire. Si nous pouvons être fiers de l’usage du mot « NOIR » qui qualifie une espèce particulière d’ouvrages du genre policier (le mot noir étant hérité de la fameuse collection série noire que baptisa ainsi le camarade Jacques Prévert) les Espagnols et principalement ceux de Gijon peuvent s’enorgueillir d’avoir inventé par l’intermédiaire de l’ami Paco Ignacio Taibo II, le concept de la semaine noire. Déjà, celle-ci dure dix jours, ce qui est original. Si c’était ainsi toute l’année, au lieu de 365 jours, les années se dérouleraient en 520 jours. Vous imaginez combien de temps, nous aurions en plus dans toute une vie ? Nous aurions chaque année un bonus de 155 jours. Mais certainement le diable et ses sbires n’aimeraient pas ce changement. Quant aux politiques qui rêvent de reculer l’âge de la retraite à tous ceux qui sont obligés de perdre leur vie pour la gagner, ils feraient une drôle de tête.
Petite digression : certains commentateurs précisent toujours que les ministres vont prendre des mesures courageuses. Tremblons ! car chaque fois que la mesure est qualifiée de courageuse c’est qu’on va encore en prendre un coup dans les dents ou dans l’arrière-train si vous voulez faire plus réaliste. Une mesure courageuse serait de supprimer le régime de retraites de faveur appliqué aux ministres et aux députés pour qu’ils subissent comme tout le monde les mesures courageuses qu’ils souhaitent prendre. Car ces messieurs qui ont fait don de leur corps à la société et qui se dévouent sans compter pour le pays, partent tous à la retraite avec des pensions qui peuvent atteindre plus de 20.000 euros par MOIS. Fin de la digression.
Je reviens à la semana negra. Si vous voulez en connaitre le principe, rendez-vous sur mon site CALIBRE 47 – ou encore www.claudemesplede.com
pour lire mon premier article sur cette 23e semaine.
Sachez tout d’abord qu’en cinq jours, le temps a généralement été chaud avec quelques moments de fraîcheur dans la soirée. Les amis sans connaissance géographique doivent savoir que cette région espagnole ressemble furieusement à la Bretagne: même genre de paysages, et aussi des dolmens, une forte production de cidre, un instrument de type biniou et un climat dans lequel la pluie occupe un rôle intéressant.
DEPUIS jeudi soir, date de mon arrivée à Madrid, il s’en est passé des choses. Comme pas mal d’autres participants, j’ai pris le train noir, un train spécial qui rallie Madrid jusqu’à Gijon avec un arrêt buffet à Mieles del Camino où tous les voyageurs descendent du train et traversent une partie de la ville jusqu’à un gymnase où un gigantesque buffet froid servi sur des alignements de tables les attend. Lorsque trente minutes plus tard, la troupe repart s’embarquer, il est difficile de trouver la moindre miette sur les plats. Tout a été englouti. L’arrivée en gare de Gijon s’effectue vers 17h20. Dans le hall, un orchestre symphonique nous attend pour jouer des classiques hollywoodiens. Non prévu dans le programme, une manifestation syndicale fort active et bruyante (avec les fameuses trompettes d’Afrique du sud) empêche le concert de se poursuivre. Une des manifestantes est à terre avec trois membres de la police qui l’interpellent et visiblement l’embarquent dans un de leur véhicule ce qui aura pour effet, deux heures après, de retrouver les mêmes manifestants devant le musée du chemin de fer où doit se dérouler l’inauguration de la semana negra. En plus des slogans rodés quelques heures auparavant, est venu s’ajouter une exigence: libération de la camarade arrêtée dans la gare.
Ce n’est pas seulement parce que je fus et je reste un syndicaliste que ces manifestations me sont sympathiques (ma dernière visite en 2007, avec le même train, fut le théâtre d’une puissante démonstration syndicale pour la libration de deux syndicalistes accusés de vandalisme suite à la destruction de plusieurs lampadaires) mais aussi parce qu’elles témoignent que dans un pays où l’action syndicale connait des difficultés, il existe toutefois des résistants qui ne se résignent pas.
Un train spécial, avec un bar spécial (les boissons non alcooliques gratuites) est un endroit magique pour lier connaissance. J’avais posé sur la tablette de mon siège un roman publié chez Actes sud « la dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon ». Un homme passe dans le couloir et s’arrête en me disant « mais c’est mon roman » et me voici en présence de l’auteur José Luis Munoz, citoyen de Grenade. Nous lions connaissance et échangeons nos cartes de visite. J’explique à José Luis qu’il a de grandes chances en 2011 de visiter Toulouse. Et les rencontres se poursuivent avec des amis très chers comme Carlos Salem et Cristina Fallaras ou avec de nouveaux auteurs croisés pour la première fois comme le britannique Ian Watson, auteur de science-fiction et du scénario du film de Spielberg « intelligence artificielle ». Ou encore comme le nord-américain Martin Cruz Smith dont j’ai rédigé l’article le concernant dans mon dictionnaire des littératures policières. Pour faire court, disons que fils d’un musicien de jazz et d’une indienne militante pour les droits de minorités, il est l’auteur d’une bonne vingtaine d’ouvrages si l’on compte ceux écrits sous pseudonymes. Dans sa série avec le flic moscovite Renko, la première enquête Parc Gorki fut portée à l’écran avec Lee Marvin dans ce rôle de flic. Pour ma part, mais on sait depuis longtemps que toute lecture reste subjective, je trouve que son meilleur roman s’appelle ROSE qu’on peut trouver en poche chez Presse Pocket. L’action se déroule dans un bassin minier du Royaume uni et les conditions d’exploitation des mineurs sont clairement énoncées. Un pasteur idéaliste qui veut améliorer le sort de ces forçats de la mine, disparaît. Un aventurier de retour d’Afrique, mène l’enquête. J’ai appris dans ce livre que les gens d’église, possédaient en ce temps là des mines mais pour connaître le reste de l’histoire, n’hésitez pas à vous procurer cet ouvrage. Ce qui saute aux yeux lorsqu’on examine la liste des quelques 150 invités, c’est le nombre de nouveaux jeunes auteurs ainsi que l’augmentation du nombre de femmes romancières. Cela me semble un phénomène très positif car chaque fois que les femmes s’emparent d’un problème, il y a nécessairement des résultats à la clé. Voici trois de ces nouvelles pionnières qui, à l’instar de Mary Roberts Rinehart (auteur du premier suspens) ou de Frances Noyes Hart (auteur du premier roman judiciaire) peuvent apporter une nouvelle originalité : Noemi G. Sabugal, journaliste espagnole, auteur de « El asesinato de Socrates » – Nerea Riesco, journaliste espagnole et écrivain, lauréate d’un prix littéraire pour El Pais de las mariposas, auteur de plusieurs romans historiques et je vais conclure pour aujourd’hui en vous citant le nom d’une journaliste argentine, Gabriela Cabazon, auteur de la Virgen cabeza, qui figure parmi les finalistes du meilleur premier roman; a demain.
VIVE LA SEMANA NEGRA DE GIJON

QUELQUES UNS DES PARTICIPANTS A LA SEMANA NEGRA AU DEPART DU TRAIN NOIR DE LA GARE DE MADRID, VENDREDI 9 JUILLET 2010
Voilà bien longtemps que je ne suis pas venu sur cette page mais l’actualité m’impose de changer d’habitude. L’actualité et aussi le fait que j’ai du temps libre. Tellement libre que j’ai le temps de venir écrire sur cette page.
L’actualité, en cette période de l’année, est un événement international qui n’a aucune équivalence dans le monde. Il s’agit de la semana negra organisée par l’auteur mexicain Paco Ignacio Taibo II. Durant la seule semaine au monde qui dure dix jours, près de 160 auteurs du monde entier se rencontrent et rencontrent le public évalué à un million de personnes sur l’ensemble de la manifestation. Les auteurs sont principalement originaires d’Espagne et d’Amérique du sud, mais il y a aussi des auteurs européens et nord-américains. Cette année, par exemple, les auteurs français sont Sébastien Rutes, Patrick Bard et Marcus Malte. Le même sympathique mélange est à la base du choix des participants. S’appuyant sur le vieux principe qui estime que « il n’y a pas de genre mineur mais seulement de bons et de mauvaise livres », PIT II invite des auteurs de polars (écrivains de noir, mais aussi de polars historiques et de thrillers) de science-fiction, de fantastique, des auteurs de BD, de comics et des photoreporters. Une véritable mosaïque de talents qui s’exercent dans diverses directions.
Dans sa présentation, PIT II est plus précis que moi. Il définit la semaine noire comme une grande fête littéraire qui n’a pas peur de faire des incursions dans la fête populaire. Pour saisir la réalité du propos, il convient de vous dire que la vingtaine de librairies et les lieux de débats et autres tables rondes littéraires sont disséminés au cœur d’une fête foraine géante, sorte de luna park au bord de la mer avec ses roues fantastiques et ses manèges géants qui président à cette gigantesque animation autour des livres que nous aimons.
PIT II reprend : « 147 auteurs de 14 pays, et venant de dix nations, des journalistes accrédités représentant 57 medias, des expositions, des concerts musicaux…
En ces temps sombres, la littérature paraît être le lieu unique où se développent la pensée critique et la pensée utopique ».
Voilà, j’étais vendredi 9 juillet à l’inauguration de cette fête populaire et littéraire. Mais auparavant il m’a fallu affronter l’adversité et le malheur. Je vous raconterai ça demain. Sachez que l’adversité c’est mon vol Easyjet Toulouse Madrid avec arrivée à presque une heure du matin dans un aéroport où j’ai dû de débrouiller pour gagner la capitale sans un euro en poche car aucun distributeur n’acceptait ma carte Visa. Heureusement un fan de polar et de Toulouse avec lequel j’avais sympathisé durant l’attente de Toulouse (Merci Philippe) m’a prêté un billet pour payer la course du taxi. Le malheur ! à peine arrivé à l’hôtel et prodigué un abrazo à PIT II et à Sébastien Rutés, Marina la fille de PIT II surgit en larmes pour nous annoncer la mort de Hernadez Luna, un talentueux écrivain mexicain dont je vous recommande la lecture de ses ouvrages traduits en français, notamment Iode et du tabac pour le puma ; A demain
Une partie de la banda: (au premier plan) Eulalia Messales (Bibliothécaire), Paco Camarasa (Librairie Negra y Criminal) et l’excellent Massimo Carlotto. (en arrière) Leonardo Padura, créateur du flic cubain Mario Conde et El Jefe de la Banda, Francisco González Ledesma. Lire la suite »
Si vous allez visiter le site de la célèbre Tata rapporteuse, vous pourrez y découvrir une nouvelle secte des adorateurs de motrices de trains. Une étrange confrérie au sein de laquelle le romancier Jean-Bernard Pouy, fils de chef de gare, n’a eu aucun mal à s’imposer comme gourou.
Vous pouvez le voir sur ce cliché pris avec un appareil à rayons infra-rouges, brandissant le porte-bonheur de la tribu. Un grigri aux couleurs rouges avec des roues et sur le dessus de la bête des cheminées indistinctes sur la photo. En psalmodiant des complaintes seulement connues par quelques chamans retirés du service actif, ce bougre de Poupouille à l’instar de la fée qui transformait une citrouille en carrosse, a réussi à obtenir de son petit grigri qui tient dans la main, que celui-ci devienne une superbe locomotive comme vous pouvez en juger avec la photo n° 1. Un miracle n’arrivant jamais seul, on peut distinguer sur la photo n° 2, trois auteurs de romans noirs, de gauche à droite: Hernandez Luna (Mexique) Sébastien Rutés (France)), Paco Ignacio Taïbo II (Mexique). Un sacré tour de magie !
 
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