Nos auteurs ont du style

FLANDRE NOIRE – GILLES WAREMBOURG

Publié dans Nos auteurs ont du style Lundi 7 septembre 2009

Le Mal est-il inscrit dans le coeur des hommes ?

flandre noireFlandre noire de Gilles Warembourg  appartient à une collection dite régionale « Polars en Nord » que dirige avec pertinence Gilles Guillon pour le compte des éditions Ravet-Anceau. J’ai découvert cette collection lors du festival d’Arras 2008 et je l’ai appréciée. Généralement les collections publiées en région sont considérées par les amateurs comme des livres aux qualités littéraires discutables. Pas le cas chez « Polars en nord ». On y trouve des perles comme Une nuit de carnaval de Christophe Lecoules et ce Flandre noire déjà cité, un livre émouvant qui débute en juin 1945.

Georges Lievin, après trois années  passées dans le camp d’Auschwitz-Birkenau, retrouve le village de Neu-Cappel où il était instituteur avant sa déportation. Et alors qu’une banderole souhaite  « bienvenue à Georges, notre instituteur », celui-ci se souvient de son arrestation « … en pleine leçon par ces deux policiers français revenant de leur perquisition. Je vois encore le regard glacial du gradé portant avec ostentation la pile des Humanité clandestines découvertes chez moi… J’avais rangé mes affaires devant la classe silencieuse, serré une à une la main de mes dix-sept élèves ; puis, juste pour rompre le silence, j’avais prononcé un dernier mensonge : « Ne vous inquiétez pas les enfants, votre maître va bientôt revenir ».

Georges, l’humaniste militant, détruit par ce qu’il a vu durant sa captivité, a bien de la peine à supporter les petites mesquineries des gens du village, leurs rivalités de pouvoir et autres jalousies. « Si la folie se reconnaît à l’incapacité de vivre avec les autres, alors, j’étais devenu fou ». Il assiste même à l’expulsion de Noël, un vieillard mauvais payeur que Marcelle, sa logeuse, refuse de garder. Son mauvais geste ne porte pas chance à la riche propriétaire. On la retrouve un peu plus tard morte, assassinée. Soupçonné par les gendarmes, Georges avoue le crime. Bien sûr, les choses seraient trop simples si telle était la conclusion de l’enquête qui va faire revivre les comportements odieux de certains Français durant l’occupation et les terrifiantes expériences menées à Auschwitz par le sinistre docteur Mengele.

Tout au long de ce remarquable récit, Gilles Warembourg, par l’intermédiaire de son protagoniste, s’interroge en permanence sur le Mal. Est-il inscrit dans le cœur des hommes ? et l’enquête policière se double ainsi d’une quête philosophique de bon aloi qui interpelle le lecteur et l’oblige à se poser des questions.

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Paris pendant l’occupation

Publié dans Nos auteurs ont du style Mercredi 4 mars 2009

La ville sans regard

Ce premier roman de Mathias Bernardi se déroule du 2 au 17 octobre 1942 dans Paris et sa banlieue sous occupation nazie. Le propos, parfaitement réussi, de l’auteur, est de dépeindre comment cette situation extrême favorise tous les possibles et secrète tous les drames. Lire la suite »