Débuter en Polar

ROMAN NOIR AMÉRICAIN

Publié dans Actualités, Débuter en Polar, Histoire du roman noir Samedi 24 juillet 2010
SUBJECTIVITÉ

Depuis la naissance du roman policier, la place des femmes a été scandaleusement occultée. C’est d’ailleurs le sujet d’une de mes conférences – les femmes ont été des pionnières dans divers genres : chez les Britanniques par exemple, Mary Elizabeth Braddon, avec au moins 80 romans, intervient à la même époque que l’inventeur du suspens, Wilkie Collins. La baronne Orczy crée le premier détective en chambre. Aux Etats-Unis, Ann S. Stephens signe le récit du premier Dime Novel en 1860 (The Indian Wife and the Hunter. Ce n’est pas un récit polar car le premier date de 1872 dans ce type de bouquin mais quand même). Anna Katherine Green signe le premier polar américain en 1878 (Le crime de la cinquième avenue. Disponible au Masque), invente le narrateur du héros (sorte de Watson avant l’heure) et se permet plus d’un siècle avant que cela ne devienne la mode de mettre en scène un couple mixte d’enquêteurs. Mary Roberts Rinehart abandonne en 1907 sa blouse d’infirmière pour créer le suspense psychologique avec L’escalier en spirale. Ce type de récit dans lequel une jeune femme est prise dans une sorte de toile d’araignée, est aussi surnommé « l’école du si j’avais su » car c’est une phrase que répétait l’héroïne au début du genre. Toutes les générations de romancières américaines se sont distinguées dans ce domaine de Mildred Davis (La chambre du haut, 1948) à Mary Higgins Clark (La nuit du renard, 1978). On trouve aussi la jeune Frances Noyes Hart qui signe en 1928 le premier roman judiciaire (Le procès Bellamy). Si vous avez la curiosité de feuilleter de vieilles séries noires, parfois vous constaterez que le prénom du traducteur n’est pas mentionné. Seule figure la première lettre de ce mystérieux prénom. Soyez sûr qu’il s’agit d’une femme. Bien qu’elles fussent bien moins nombreuses que les hommes traducteurs, il importait de cacher qu’elles avaient traduit plus de la moitié des titres d’une collection plutôt masculine. Cette pratique a dû cesser durant les années 70/80.

Malheureusement, ce travail féminin d’avant garde n’a pas eu lieu dans le domaine du roman noir et c’est bien compréhensible. La description d’une société violente, d’un monde viril avec des affrontements sauvages, ne pouvait guère durant les années 20 être l’apanage d’une romancière. De nos jours, une femme peut se mettre à la tâche pour décrire ou exorciser cette violence. Ses lecteurs ne sont pas choqués. Mais lorsque je lis dans un article que Mary Higgins Clark, pour en citer une, écrit du noir, je dis non.

Non Mary Higgins Clark n’écrit pas du roman noir, pas davantage Ruth Rendell sauf si on utilise le mot « noir » pour qualifier l’atmosphère glauque du livre ce qui conduit la personne ayant porté ce jugement, d’ajouter « noir de chez noir » ou « noir très noir ». Le roman noir est bien autre chose et il revêt une dimension très différente de l’expression « noir de chez noir ». A contrario du roman christien où Poirot démasque le coupable qui doit payer sa dette à la société (moralité: lecteurs dormez tranquilles, la police veille), dans le roman noir, il arrive souvent que le coupable, quoique démasqué, ne puisse pourtant pas être puni. Il peut rester en liberté pour diverses raisons, la plus simple étant la position hiérarchique qu’il occupe. Le pouvoir reste toujours présent dans ce genre-là. Mais encore! Le roman noir dès sa naissance a pour protagoniste un détective privé dur à cuire (hard-boiled)  et non pas un policier.

ENTHOUSIASME

C’est compréhensible car au début des années 20, le flic,  dans la réalité, était corrompu. Arrosé de pots de vin pour fermer les yeux sur le trafic d’alcool, le policier ne pouvait en aucun cas incarner un crédible défenseur de la loi aux yeux du citoyen lecteur. Quant au détective privé, cynique et revenu de tout, mais prêt à faire le coup de poing pour que surgisse la vérité, il peut être appréhendé comme une sorte de fantasme de l’Américain moyen surgi  à l’issue de la défaite de la contestation collective. Le prolétariat a échoué dans son combat émancipateur.  Malgré des luttes sociales inouïes car émaillées de meurtres, d’assassinats et d’affrontements tragiques dont l’histoire des états-unis regorge à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Ce personnage de détective privé semble symboliser l’empêcheur de tourner en rond, l’allié de tous les perdants qui avaient cru au rêve américain avant de se rendre compte que cette illusion ne les concernait pas. Désabusé, portant sur la société américaine un regard critique et sévère, ce privé reste l’archétype du roman noir car les romanciers de cette époque (1922 le début) ont voulu témoigner sur leur façon de voir le monde en empruntant comme matériau de base le mystère. En effet, une intrigue policière est toujours lue avec plaisir car les humains que nous sommes, sont curieux. Nous cherchons la vérité. Mais pour nous faire accéder à la solution, le romancier va emprunter des routes porteuses de réalités que nous ignorions. Et nous allons nous mettre à douter de beaucoup de choses comme par exemple de la justice et de son application à géométrie variable. Nous allons nous interroger sur la gestion du pays, sur  les cadeaux fiscaux, enfin sur tout ce monde dans lequel nous existons.

Dans le même temps, si le contenu du récit change, le contenant, c’est à dire la forme, l’écriture, elle aussi évolue et s’appuie sur la théorie du béhaviorisme; le romancier raconte son récit comme s’il le commentait derrière l’œilleton d’une caméra. Les personnages sont décrits en rapportant seulement leurs gestes et leurs propos: par exemple, l’auteur ne dira jamais  que son personnage est un paresseux, mais il le montrera dans une situation permettant au lecteur de comprendre que l’homme est paresseux.Ce monde de violence né dans les années 20 et qui s’est développé durant la dépression des années 30, n’avait aucunement conscience d’exister sous la forme d’un genre autonome et fédérateur. C’est lorsque Marcel Duhamel, fondateur de la série noire, rassembla sous une couverture noire bordée de blanc (le négatif d’un faire part mortuaire) tous ces auteurs inconnus en France pour la plupart et ayant écrit sur une période de 40 ans qu’on baptisa roman noir ce type de romans violents, réalistes et ayant un point de vue critique sur la société. Tout comme Nino Franck créa en 1945/46 l’appellation « film noir » en voyant à la suite 5 ou 6 films policiers américains réalisés à quelques années d’intervalle mais l’occupation nazie ayant privé la France de films US durant plusieurs années, le fait de les voir d’un coup, permit d’en dégager une atmosphère commune et un aspect similaire au roman noir. je n’en rajoute pas davantage car j’ai le projet de développer ce sujet dans un petit livre intitulé « promenade subjective et enthousiaste au coeur du roman noir américain »


LES CENT ROMANCIERS DE 813

Publié dans Débuter en Polar Jeudi 14 janvier 2010

L’association 813, seule organisation au monde à rassembler à la fois les auteurs de polars et les lecteurs, a organisé un Top 100. Ce projet, mis en forme ces derniers mois, a permis de déterminer les auteurs les plus appréciés des adhérents. Chaque participant devait établir sa propre liste avec une centaine de noms. Au total, plus d’un millier d’auteurs ont été cités. Ceux qui l’ont été le plus souvent figurent dans ce premier Top 100 du polar. Et comme nous sommes concrets à 813,  un numéro spécial de la revue de l’association est en préparation. Il présentera la centaine d’œuvres arrivées en tête, cette présentation étant collective car chaque participant au vote a accepté d’écrire sur tel ou tel titre. L’ami Jean-Marc Laherrère qui anime avec brio le site ACTU DU POLAR, est chargé de coordonner ce numéro. Nous vous informerons de sa sortie en 2010. Mais au fait, si vous n’êtes pas encore adhérent, vous pouvez le devenir dès cette nouvelle année. Et allez visitez le site internet de 813, animé par l’ami Max Obione.


CES LIVRES DONT PARLENT LES CRITIQUES

Publié dans Débuter en Polar Samedi 9 janvier 2010

Thématik: ici on manipule…

Publié dans Débuter en Polar Mercredi 4 mars 2009

DE  LA MANIPULATION

COMME UN DES BEAUX ARTS

Trois romans abordent avec un égal bonheur le thème de la manipulation :

Tueuse à gages de Jacques Vettier se déroule dans la région grenobloise où un commando palestinien est aux   trousses d’un agent d’Israël alors que s’instaurent les accords de paix entre leurs deux pays.

Milac de Jean-Paul Demure où l’ancien ingénieur d’une société d’armement proche du pouvoir se voit    traquer   dans sa vie privée pour reprendre du service.

Monsieur Personne de Robert Deleuse qui dans une ambiance à la William Irish, dissèque avec minutie un procédé de programmation de la personnalité utilisé pour faire effectuer au cobaye des actions insensées. Trois bons livres pour les amateurs d’atmosphère étrange.

Jacques Vettier, Tueuse sans gages, Métailié, 207 pages°; Jean-Paul Demure, Milac, Rivages/noir n°240, 276 pages°; Robert Deleuse, Monsieur Personne, Métailié, 121 pages.

Lire Georges Simenon

Publié dans Débuter en Polar Samedi 7 février 2009

colonne-maigret

Pourquoi Jules Maigret est-il populaire ?

2007 fut considérée comme l’année Maigret avec le soixante-quinzième anniversaire (1) de la naissance de Jules-Amédée-François Maigret, commissaire divisionnaire de la PJ (police judiciaire), chef de la brigade criminelle, Quai des Orfèvres, à Paris. Un fabuleux policier, connu de toute la planète et qui a inspiré tant de clones ! N’avez-vous pas déjà lu dans la presse ce type de citation « untel considéré comme le Maigret écossais », ou encore « tel autre connu comme le Maigret italien ». Bref, l’homme a fait le tour du monde et pour célébrer son anniversaire, les éditions des Presses de la Cité ont publié à partir de l’année 2007, l’intégrale (2) de ses cent trois enquêtes en dix volumes qui rassemblent par ordre d’écriture les soixante-quinze romans et les vingt-huit nouvelles où Maigret apparaît. Lire la suite »

Cause toujours, le polar se porte bien !

Publié dans Débuter en Polar Samedi 31 janvier 2009

Qu’on me montre quelqu’un qui ne peut pas souffrir le roman policier : ce sera un pauvre type, un pauvre type intelligent – peut-être – mais un pauvre type tout de même.

RAYMOND CHANDLER (1949)

CHARLES DANTZIG : Extraits de l’article consacré au polar (page 673) dans le Dictionnaire égoïste de la littérature française, (Grasset et Fasquelle, 2005).

Les polars sont des romans à thèse. Il n’y a pas plus moral : la saleté du monde, personnifiée par un patron de PME de province partouzeur, un chef de clinique politicard et un évêque pédophile, est méticuleusement dénoncée par un inspecteur morose et mal rasé qui a pris une cuite la veille. Populaires, très bien traités par la critique, ils se croient subversifs.

Le mot polar est laid. C’est Balzac qui, à ma connaissance, a employé pour la première fois l’expression « roman noir » dans un sens finalement pas si lointain du sens actuel. C’est dans Modeste Mignon, qui raconte la tentative de faire épouser un écrivain célèbre par une jeune héritière de province.

[...] C’est curieux, cette épidémie de romans policiers. Cette vision populiste du monde. Elle a influencé les romanciers normaux et la littérature a été peu à peu infectée d’esprit policier, cette paresse de l’imagination : combien y a-t-il de narrateurs qui enquêtent sur un personnage, détectives soupçonneux à la posture modeste ? Ça n’arrange pas l’entente du monde avec lui-même, tout ça

Modeste Mignon de Balzac date de 1844 ; le Trésor de la langue française, à l’article noir, nous signale, dans sa partie étymologique : 1816 roman noir Journal des Débats, 8 août. Libre à Charles Dantzig de vilipender le polar mais au moins lorsqu’il cite des références, qu’il vérifie ses affirmations

CLAUDE SIMON : Paroles d’écrivains – Recueil d’entretiens d’André Bourin – « Le roman traditionnel, je le crois mort. Mais je peux me tromper. Pour ma part, je n’apprécie dans ce genre de littérature, que les romans policiers. Les autres, c’est toujours un peu « la marquise sortit à cinq heures » pour reprendre l’expression de Paul Valéry.

GILLES DELEUZE - On sait qu’une société capitaliste pardonne mieux le viol, l’assassinat, la torture d’enfant, que le chèque sans provision, seul crime théologique, le crime contre l’es­prit. On sait bien que les grandes « affaires» comportent un certain nombre de scandales et de crimes réels ; inversement le crime est organisé en affaires rigou­reuses, d’une structure aussi précise que celle d’un conseil d’administration, ou de managers. La Série noire nous a rendu familiers d’une combinaison affaires ­politiques-crimes qui, malgré toutes les preuves de l’Histoire ancienne et présente, n’avait pas reçu son expression littéraire courante…

ROBERT COOVER (Entretien avec François Armanet. Nouvel Obs., 18-25 juin 2008)

Pour désigner cette veine littéraire et cinématographique, nous n’avons toujours pas trouvé en an­glais de meilleur terme que « noir », nous qui pourtant employons si peu de mots français. « Black » aurait renvoyé à autre chose. «Thriller» est trop vague : un film d’aven­tures peut très bien être un thriller. Même un « film policier » n’est pas suffisamment précis. Le terme « noir » suppose cette vision pessimiste et labyrinthique des choses : sou­vent le film se termine mal ; parfois le détective ou l’enquê­teur ne découvre pas la vérité, parfois il est lui-même corrompu. Cette vision du monde lugubre et existentialiste s’attache à sa quête, ce qui est parfait pour un romancier. Si on veut explorer une construction mythologique, sans savoir ce qu’on va y trouver, qu’il s’agisse du Far West ou de la ville, il faut un explorateur. Le détective est idéal pour cette tâche : il cherche des réponses, tente de résoudre un mystère, de dénouer une situation.

SOMERSET MAUGHAM

Il se peut, lorsque les historiens de la littérature vien­dront à examiner la fiction produite au cours de la pre­mière moitié de ce siècle, qu’ils passent assez légèrement sur les compositions des romanciers « sérieux », pour tourner leur attention vers les réussites immenses et variées du roman policier… Ils se tromperont lourde­ment s’ils se contentent de l’attribuer au progrès de l’al­phabétisation qui aurait créé une masse considérable de nouveaux lecteurs, avides mais sans éducation ; ils seront obligés de reconnaître que le roman policier était aussi lu par des hommes de savoir et des femmes de goût. je pro­pose une explication toute simple : les auteurs de romans policiers ont une histoire à raconter et ils la racontent avec concision.

G.K. CHESTERTON – Le Défenseur

Il n’est pas vrai que la foule préfère la mauvaise littérature et qu’elle aime les histoires policières uniquement parce qu’elles sont mal écrites. La seule absence de raffinement artistique ne suffit pas à rendre un livre populaire. Les indicateurs de chemins de fer contiennent peu de reflets de poésie et cependant on ne les lit pas à haute voix pendant les soirées d’hiver.

VICTOR HUGO

Vous vous prenez la tête dans les mains, vous tâchez de voir et de savoir. Vous êtes la fenêtre dans l’inconnu. [ ...] L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir.

BERTOLT BRECHT

Celui qui constate que dix pour cent de tous les crimes ont lieu dans un presbytère s’écrit : « Toujours la même histoire ! », celui-là ne comprend rien au roman policier. L’originalité n’est pas là, bien au contraire, ce sont des variations sur des thèmes plus ou moins conventionnels qui constituent l’une des caractéristiques fondamentales du roman policier et qui confèrent une esthétique à ce genre. A notre époque, il n’y a peut-être d’ailleurs que le roman policier, parmi les productions d’un niveau artis­tique supérieur, à posséder la santé que représente un schéma..

ROBERT COOVER (Entretien avec François Armanet. Nouvel Obs., 18-25 juin 2008)

Ce qu’il y a d’intéressant dans le roman noir, c’est que la situation y est souvent inextri­cable, et que le crime peut ne pas être résolu, mais que la notion d’intégrité y est aussi centrale que tacite. Les héros n’expliquent pas, ne connaissent même pas les raisons de leur comportement, mais ne voient pas d’autre façon d’agir. S’il y a une grâce, une rédemption possible, elle ré­side dans cette intégrité de comportement. De même, les écrivains qui ne recherchent pas le profit financier, mais qui se lancent dans ce type de quête parce qu’ils s’y sen­tent obligés et que là réside pour eux la véritable littérature, n’ont guère que leur intégrité pour les pousser à continuer. Quant au style, c’est lui qui donne aux romans et aux films noirs leur pouvoir de fascination, et qui leur permet d’ex­céder le simple statut de divertissement éphémère. C’est vrai de Chandler et de Hammett, mais également du film noir avec son usage contrasté du noir et blanc, ses décors expressionnistes hérités du « Cabinet du docteur Caligari », son jeu sur les ombres, le clair-obscur, l’asphalte mouillé, tout cela crée un style profondément évocateur qui a transformé des films potentiellement ordinaires en œuvres extraordinaires et de passer à la postérité.

MICHEL LEBRUN (Pages d’agenda in Europe n° 571/572, 1976)

Edgar Poe l’a amplement démontré : l’histoire policière se doit d’être courte. Dès qu’elle s’allonge, la voilà toute encombrée d’éléments parasitaires : personnages et scènes annexes, bavardages, digressions amoureuses, politiques ou philosophiques, bref tirage à la ligne. Je n’ai jamais été aussi frappé par cette évidence que depuis que je me suis lancé dans un roman policier de 600 pages : je forge mon propre malheur.

RAPHAËL PIVIDAL

L’extension subversive du polar, son effet souterrain de destruction de la littérature classique est aidé par une règle non dite du genre :l’amour en tant que sentiment en est totalement exclu. On n’aime pas d’amour dans le polar [...]. Ce refus de l’élégie condamne une des veines les plus riches, une des inspirations les plus fécondes du roman classique et n’est pas sans effet sur le roman en général. Les littérateurs, même s’ils ne le pro­clament pas, lisent des polars et s’en inspirent. La mise à l’écart du discours amoureux, la syntaxe argotique, la vio­lence, le verbe au présent, les stéréotypes, la réalité déviée et déviante, tout cela contribue à déstabiliser le champ littéraire.

JEAN COCTEAU

Je lis beaucoup de romans policiers. je n’y cherche plus, hélas, le lyrisme absurde de Fantômas, le charme naïf d’Arsène Lupin, la tendresse mélancolique de Rouletabille, mais j’y trouve autre chose, une force phy­sique et un style moderne, une connaissance de l’âme, qui dépassent de loin ce que nos romanciers produisent. Je m’étonne en face d’oeuvres où une sorte de génie éclate, dans l’allure générale et dans le détail, qu’on les mésestime sous prétexte qu’elles figurent dans des col­lections populaires.

BRIGITTE AUBERT (Entretien avec J.M. David. Revue 813 n° 92, 2005).

Les souhaits du lectorat ? Non je n’y pense pas. J’écris d’abord pour moi et j’espère que d’autres ressentiront du plaisir à lire ce que je fais, que je parviendrai à communiquer cet espèce de frisson ludique.