Débuter en Polar

Lire Jim Thompson

Publié dans Actualités, Débuter en Polar Mardi 29 novembre 2011

Tous les soirs, les adhérents de l’association 813 ont la chance de pouvoir discuter entre eux. Ils peuvent ainsi débattre de divers sujets généralement liés aux littératures policières. Et l’autre soir, un adhérent de fraîche date, a posé cette question : je n’ai jamais lu de romans écrits par Jim Thompson. Par quel ouvrage me suggérez-vous de commencer ?

A cette question, par quel titre entamer l’oeuvre de Jim Thompson ? je suggère de commencer par lire son autobiographie Vaurien, initialement publiée à L’Atalante, avant d’être reprise chez Rivages, maison d’édition qui conserve l’intégralité de l’oeuvre y compris les nouvelles. Je propose ce choix car toute la vie de Thompson est marquée d’événements qui sont perceptibles par la suite dans son œuvre romanesque. Par exemple, il va naitre dans une prison – A dix-huit ans il est tuberculeux et atteint de délirium tremens – et tout au long de son enfance et adolescence il sera considéré par son père comme un moins que rien, ce qui explique dans la plupart de ses romans les rapports père-fils difficiles. Si vous voulez entamer l’œuvre d’emblée, bien sûr 1275 âmes s’impose, qui se

 termine par le cocasse congrès des chiens. Pour ne pas empuantir la salle, ils ont déposé leur trou de balle à l’extérieur mais une tornade les ayant dispersés, chacun des chiens en a récupéré un au hasard, ce qui, d’après Thompson fournit l’explication à ce spectacle assez banal dans la rue où l’on voit les chiens se flairer l’anus dès la première approche. En fait, ils sont à la recherche de leur trou de balle véritable. Deux pages qui viennent à la fin, éclairer un roman noir très glauque. Parmi mes autres préférés : le démon dans ma peau, le criminel (un exemple formidable de roman polyphonique), nuit de fureur, des cliques et des cloaques, les arnaqueurs, hallali, la mort viendra petite, etc. Pour les cinéphiles, souvenez-vous que Thompson joue le rôle du juge Grayle dans Adieu ma jolie de Dick Richards aux côtés de Charlotte Rampling (son épouse dans le film) qu’il surprend dans les bras du détective Robert Mitchum. Il referme la porte de la pièce où se trouve le couple. Il ne veut pas les déranger et son visage inoubliable laisse lire toute la détresse du monde. Il est âgé, sa femme jeune et belle et il sait qu’il l’a perdue à jamais.

ROMAN NOIR AMÉRICAIN

Publié dans Débuter en Polar, Histoire du roman noir Samedi 24 juillet 2010
SUBJECTIVITÉ

Depuis la naissance du roman policier, la place des femmes a été scandaleusement occultée. C’est d’ailleurs le sujet d’une de mes conférences – les femmes ont été des pionnières dans divers genres : chez les Britanniques par exemple, Mary Elizabeth Braddon, avec au moins 80 romans, intervient à la même époque que l’inventeur du suspens, Wilkie Collins. La baronne Orczy crée le premier détective en chambre. Aux Etats-Unis, Ann S. Stephens signe le récit du premier Dime Novel en 1860 (The Indian Wife and the Hunter. Ce n’est pas un récit polar car le premier date de 1872 dans ce type de bouquin mais quand même). Anna Katherine Green signe le premier polar américain en 1878 (Le crime de la cinquième avenue. Disponible au Masque), invente le narrateur du héros (sorte de Watson avant l’heure) et se permet plus d’un siècle avant que cela ne devienne la mode de mettre en scène un couple mixte d’enquêteurs. Mary Roberts Rinehart abandonne en 1907 sa blouse d’infirmière pour créer le suspense psychologique avec L’escalier en spirale. Ce type de récit dans lequel une jeune femme est prise dans une sorte de toile d’araignée, est aussi surnommé « l’école du si j’avais su » car c’est une phrase que répétait l’héroïne au début du genre. Toutes les générations de romancières américaines se sont distinguées dans ce domaine de Mildred Davis (La chambre du haut, 1948) à Mary Higgins Clark (La nuit du renard, 1978). On trouve aussi la jeune Frances Noyes Hart qui signe en 1928 le premier roman judiciaire (Le procès Bellamy). Si vous avez la curiosité de feuilleter de vieilles séries noires, parfois vous constaterez que le prénom du traducteur n’est pas mentionné. Seule figure la première lettre de ce mystérieux prénom. Soyez sûr qu’il s’agit d’une femme. Bien qu’elles fussent bien moins nombreuses que les hommes traducteurs, il importait de cacher qu’elles avaient traduit plus de la moitié des titres d’une collection plutôt masculine. Cette pratique a dû cesser durant les années 70/80.

Malheureusement, ce travail féminin d’avant garde n’a pas eu lieu dans le domaine du roman noir et c’est bien compréhensible. La description d’une société violente, d’un monde viril avec des affrontements sauvages, ne pouvait guère durant les années 20 être l’apanage d’une romancière. De nos jours, une femme peut se mettre à la tâche pour décrire ou exorciser cette violence. Ses lecteurs ne sont pas choqués. Mais lorsque je lis dans un article que Mary Higgins Clark, pour en citer une, écrit du noir, je dis non.

Non Mary Higgins Clark n’écrit pas du roman noir, pas davantage Ruth Rendell sauf si on utilise le mot « noir » pour qualifier l’atmosphère glauque du livre ce qui conduit la personne ayant porté ce jugement, d’ajouter « noir de chez noir » ou « noir très noir ». Le roman noir est bien autre chose et il revêt une dimension très différente de l’expression « noir de chez noir ». A contrario du roman christien où Poirot démasque le coupable qui doit payer sa dette à la société (moralité: lecteurs dormez tranquilles, la police veille), dans le roman noir, il arrive souvent que le coupable, quoique démasqué, ne puisse pourtant pas être puni. Il peut rester en liberté pour diverses raisons, la plus simple étant la position hiérarchique qu’il occupe. Le pouvoir reste toujours présent dans ce genre-là. Mais encore! Le roman noir dès sa naissance a pour protagoniste un détective privé dur à cuire (hard-boiled)  et non pas un policier.

ENTHOUSIASME

C’est compréhensible car au début des années 20, le flic,  dans la réalité, était corrompu. Arrosé de pots de vin pour fermer les yeux sur le trafic d’alcool, le policier ne pouvait en aucun cas incarner un crédible défenseur de la loi aux yeux du citoyen lecteur. Quant au détective privé, cynique et revenu de tout, mais prêt à faire le coup de poing pour que surgisse la vérité, il peut être appréhendé comme une sorte de fantasme de l’Américain moyen surgi  à l’issue de la défaite de la contestation collective. Le prolétariat a échoué dans son combat émancipateur.  Malgré des luttes sociales inouïes car émaillées de meurtres, d’assassinats et d’affrontements tragiques dont l’histoire des états-unis regorge à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Ce personnage de détective privé semble symboliser l’empêcheur de tourner en rond, l’allié de tous les perdants qui avaient cru au rêve américain avant de se rendre compte que cette illusion ne les concernait pas. Désabusé, portant sur la société américaine un regard critique et sévère, ce privé reste l’archétype du roman noir car les romanciers de cette époque (1922 le début) ont voulu témoigner sur leur façon de voir le monde en empruntant comme matériau de base le mystère. En effet, une intrigue policière est toujours lue avec plaisir car les humains que nous sommes, sont curieux. Nous cherchons la vérité. Mais pour nous faire accéder à la solution, le romancier va emprunter des routes porteuses de réalités que nous ignorions. Et nous allons nous mettre à douter de beaucoup de choses comme par exemple de la justice et de son application à géométrie variable. Nous allons nous interroger sur la gestion du pays, sur  les cadeaux fiscaux, enfin sur tout ce monde dans lequel nous existons.

Dans le même temps, si le contenu du récit change, le contenant, c’est à dire la forme, l’écriture, elle aussi évolue et s’appuie sur la théorie du béhaviorisme; le romancier raconte son récit comme s’il le commentait derrière l’œilleton d’une caméra. Les personnages sont décrits en rapportant seulement leurs gestes et leurs propos: par exemple, l’auteur ne dira jamais  que son personnage est un paresseux, mais il le montrera dans une situation permettant au lecteur de comprendre que l’homme est paresseux.Ce monde de violence né dans les années 20 et qui s’est développé durant la dépression des années 30, n’avait aucunement conscience d’exister sous la forme d’un genre autonome et fédérateur. C’est lorsque Marcel Duhamel, fondateur de la série noire, rassembla sous une couverture noire bordée de blanc (le négatif d’un faire part mortuaire) tous ces auteurs inconnus en France pour la plupart et ayant écrit sur une période de 40 ans qu’on baptisa roman noir ce type de romans violents, réalistes et ayant un point de vue critique sur la société. Tout comme Nino Franck créa en 1945/46 l’appellation « film noir » en voyant à la suite 5 ou 6 films policiers américains réalisés à quelques années d’intervalle mais l’occupation nazie ayant privé la France de films US durant plusieurs années, le fait de les voir d’un coup, permit d’en dégager une atmosphère commune et un aspect similaire au roman noir. je n’en rajoute pas davantage car j’ai le projet de développer ce sujet dans un petit livre intitulé « promenade subjective et enthousiaste au coeur du roman noir américain »


LES CENT ROMANCIERS DE 813

Publié dans Débuter en Polar Jeudi 14 janvier 2010

L’association 813, seule organisation au monde à rassembler à la fois les auteurs de polars et les lecteurs, a organisé un Top 100. Ce projet, mis en forme ces derniers mois, a permis de déterminer les auteurs les plus appréciés des adhérents. Chaque participant devait établir sa propre liste avec une centaine de noms. Au total, plus d’un millier d’auteurs ont été cités. Ceux qui l’ont été le plus souvent figurent dans ce premier Top 100 du polar. Et comme nous sommes concrets à 813,  un numéro spécial de la revue de l’association est en préparation. Il présentera la centaine d’œuvres arrivées en tête, cette présentation étant collective car chaque participant au vote a accepté d’écrire sur tel ou tel titre. L’ami Jean-Marc Laherrère qui anime avec brio le site ACTU DU POLAR, est chargé de coordonner ce numéro. Nous vous informerons de sa sortie en 2010. Mais au fait, si vous n’êtes pas encore adhérent, vous pouvez le devenir dès cette nouvelle année. Et allez visitez le site internet de 813, animé par l’ami Max Obione.


Coucou, fais-moi peur !

Publié dans Débuter en Polar Mercredi 4 mars 2009

UNE REINE DU SUSPENSE PSYCHOLOGIQUE

Le suspense a toujours constitué un sous-genre du polar très prisé outre Atlantique ainsi qu’en France où chaque roman de Mary Higgins Clark est diffusé à des centaines de milliers d’exemplaires. Voici Expiation premier opus de l’Américaine Patricia MacDonald, autre experte du genre. Lire la suite »

Thématik: ici on manipule…

Publié dans Débuter en Polar Mercredi 4 mars 2009

DE  LA MANIPULATION

COMME UN DES BEAUX ARTS

Trois romans abordent avec un égal bonheur le thème de la manipulation :

Tueuse à gages de Jacques Vettier se déroule dans la région grenobloise où un commando palestinien est aux   trousses d’un agent d’Israël alors que s’instaurent les accords de paix entre leurs deux pays.

Milac de Jean-Paul Demure où l’ancien ingénieur d’une société d’armement proche du pouvoir se voit    traquer   dans sa vie privée pour reprendre du service.

Monsieur Personne de Robert Deleuse qui dans une ambiance à la William Irish, dissèque avec minutie un procédé de programmation de la personnalité utilisé pour faire effectuer au cobaye des actions insensées. Trois bons livres pour les amateurs d’atmosphère étrange.

Jacques Vettier, Tueuse sans gages, Métailié, 207 pages°; Jean-Paul Demure, Milac, Rivages/noir n°240, 276 pages°; Robert Deleuse, Monsieur Personne, Métailié, 121 pages.

Quelques dates marquantes (1738-2009)

Publié dans Débuter en Polar Mercredi 18 février 2009

Chronologie – Première partie

1738. Allemagne. Les Causes célèbres de François Gayot de Pitaval (1673-1743)

1764. Angleterre.  Le Château d’Otrante de Horace Walpole. Premier roman gothique.

1775. France. 23 juillet. Naissance à Arras d’Eugène- François Vidocq.

1794. Angleterre. Les Aventures de Caleb Williams. Récit initiatique de William Godwin (1756-1836) le père de Mary Shelley. Le Mystère du château d’Udolphe d’Ann Radcliffe. Récit gothique.

1810. France. Eugène-François Vidocq, chef de la police de sûreté à Paris.

1818. Allemagne. Mademoiselle de Scudéry, chef-d’œuvre d’Hoffman (1776-1822). En 1680 à Paris une série d’assassinats terrorise la population.

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1825.- Angleterre. Inauguration de la première ligne de chemin de fer.

1827.-  Angleterre. De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts de Thomas de Quincey. Publication en trois parties, entre 1827 et 1854 : éloge jésuitique des meurtriers – exemples de « beaux » crimes – apologie et esthétique du crime parfait.

1828.- France. Mémoires de Eugène-François Vidocq.

1831.- France. Maître Cornélius nouvelle de Balzac. Louis XI enquête en 1479.

1841. – Etats-Unis. Double assassinat dans la rue Morgue d’Edgar Allan Poe publié dans le Graham’s Magazine de Philadelphie. Premier récit policier au monde par sa structure narrative.

France. Une ténébreuse affaire de Balzac. Une machination inspirée par le rapt du sénateur Clément de Ris sous l’Empire.

1842-43. – France. Les Mystères de Paris de Eugène Sue (1804-1857). Feuilleton dans Le Journal des débats (19 juin 1842-15 octobre 1843). Succès  considérable.

1844-1845. – France. Le Comte de Monte Cristo par Alexandre Dumas. L’abbé Faria ancêtre des détectives en chambre. Les Mystères de Londres de Paul Féval qui signe sous le pseudonyme de Trollope.

2-rang1845-62. – France. Début de publication des Misérables, fresque monumentale de Victor Hugo (1802-1885), qui fait entrer le peuple en littérature. L’influence de Vidocq génère le personnage du bagnard devenu nouveau riche, Jean Valjean ainsi que le policier obstiné Javert.

1850. – France. Bien qu’élu député, le romancier Eugène Sue est arrêté, emprisonné puis (aussitôt après le coup d’État du 2 décembre) exilé en Savoie. Tout est entrepris pour l’empêcher d’achever Les Mystères du peuple.

Etats-Unis. Chicago. Création de l’agence de détectives privés Allan Pinkerton (Nous ne dormons jamais).

pinkerton

1852. – Angleterre. Le mot détective utilisé pour la première fois en littérature dans Bleak House de Charles Dickens.

1855 -France. L’Assassinat du Pont Rouge par Charles Barbara qui se suicide en 1866 après la mort de sa famille lors d’une épidémie de choléra.

1857. – France. Rocambole de Pierre-Alexis Ponson du Terrail (1829-1871), en feuilleton dans le quotidien bonapartiste La Patrie.

1859. – Angleterre. Avec La Dame en blanc puis La Pierre de lune (1868), Wilkie Collins (1824-1889), considéré comme le père de la détection littéraire,  préfigure le suspense.

1860. – Juin. Etats-Unis. Les frères Beadle lancent leur premier dime novel: Malaeska: The Indian Life of the White Hunter, un western signé Ann S. Stephens.

1862. – France. Parution définitive du roman social de Victor Hugo Les Misérables qui figure parmi les livres adaptés au cinéma le plus grand nombre de fois (plus de trente-cinq versions différentes).

1863-1875. – France. Roman fleuve de Paul Féval: Les Habits noirs.

1865. – France. Publication de L’Affaire Lerouge d’Émile Gaboriau, premier roman policier français (et mondial) en feuilleon dans Le Pays.

1866. – Russie. Crime et châtiment de Fiodor Mikailovitch Dostoievski

1870. – Etats-Unis. The Bowery Detective, premier récit policier publié dans un dime-novel par l’éditeur New York Fireside Companion.

Angleterre. Le Mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens (1812-1870). Chef d’oeuvre inachevé à propos duquel plusieurs écrivains ont donné leur solution.

1872. – Etats-Unis. Harlan Page Halsey (1837-1898) crée Old Sleuth, premier héros d’une série policière.

1874. Russie. Alexandre Chkliarevski publie Enquête secrète dont le protagoniste est substitut du procureur

1877. – France. La Vieillesse de M. Lecoq de Fortuné du Boisgobey.

1878. – Etats-Unis. Anna Katharine Green écrit Le Crime de la cinquième avenue, considéré comme le premier roman policier américain. Il met en scène l’inspecteur Ebenezer Gryce de la police de New York et évoque les premières analyses balistiques.

1885. – Etats-Unis. Naissance du dime novel Old Sleuth. Il disparaît en 1905.

1886. – 18 septembre. Etats-Unis. Première aventure  du détective Nick Carter dans le New York Weekly.

France. Henri Cauvain publie Maximilien Heller .

Etats-Unis. Création de la fédération syndicale AFL (American Federation of Labor). Grèves pour la journée de huit heures. A Chicago affrontements avec la police. Plusieurs manifestants condamnés à la pendaison.

Australie. L’Anglais Fergus Hume, qui vit à Sydney, inspiré par la méthode Gaboriau, publie Le Mystère du Hansom Cab, véritable succès de librairie. 350.000 exemplaires vendus.

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1887. – Angleterre. Naissance de Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle.

1891. – Etats-Unis. 8 août. Nick Carter Library, premier dime novel consacré à un détective. Il devient Nick Carter Weekly (janvier 1897) puis Nick Carter Stories en septembre 1912.

Angleterre. Le Grand mystère du Bow de Israël Zangwill (1864-1926) un des premiers problèmes de chambre close.

1893.- Etats-Unis. Maggie, fille des rues de Stephen Crane (1871-1900).

1894. – Etats-Unis. Grève de Pullman à Chicago. Le président Cleveland envoie l’armée.

1899. – Etats-Unis. Les Rapaces de Frank Norris (1870-1902).

Angleterre. E. W. Hornung crée le gentleman cambrioleur A.J. Raffle

Chronologie, seconde partie

1901.- Etats-Unis. Sister Carrie de Theodore Dreiser (1871-1945).

Angleterre. Le Vieil homme dans le coin par la Baronne Emmuska Orczy (1865-1947). Nouvelle dans The Royal Magazine

1902. – Etats-Unis. Grève de cinq mois des mineurs de Pennsylvanie. Les effectifs des syndicats américains progressent de 868.000 à deux millions de membres.

Etats-Unis. Octobre. Le journaliste Lincoln Steffens dénonce dans son article Tweed Days in Saint Louis la corruption de la municipalité. Début de l’offensive des journalistes muckrakers (remueurs de boue, fouille merde). Ils enquêtent sur les abus des trusts et de l’administration.

1905. – France. 15 Juillet . Le magazine Je sais tout (n°6) publie L’Arrestation d’Arsène Lupin,  première aventure d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc. Paris. Aux éditions Fayard naissance de la collection « Le Livre populaire ».

1906. – Etats-Unis. La Jungle du romancier socialiste Upton Sinclair (1878-1968), révèle les conditions dramatiques de travail et d’hygiène dans les abattoirs de Chicago et provoque un scandale. Le président des Etats-Unis est obligé d’intervenir et d’imposer des réformes.

1907. – France. Gaston Leroux crée le personnage de Joseph Joséphin dit Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune.

1908. – Etats-Unis. Mary Robert Rinehart publie L’Escalier en spirale, premier suspense psychologique du genre. Dans Le Talon de fer, Jack London, anticipe l’instauration d’un régime fasciste aux Etats-Unis.

France. Paris. Les éditions Tallandier lancent la collection « Le Livre National »

1909. – France. 7 décembre. Feuilleton du quotidien Le Matin : Zigomar, roi du crime zozotant, revêtu d’une cagoule rouge, à la tête de la bande des « Z » affronte l’inspecteur Paulin Broquet. Créé par Léon Sazie (1862-1939).

1911. – France. Février. Fantômas, le génie du mal imaginé par Pierre Souvestre et Marcel Allain fait son apparition dans Paris, publicité sur les murs et chez les libraires.

1913. – Angleterre. Naissance du diabolique Fu-Manchu sous la plume de Sax Rohmer.

1915. – Etats-Unis. 5 octobre. Naissance de la revue Detective Story (issue de Nick Carter Stories), premier pulp consacré à la fiction policière.

1919. – Etats-Unis. 16 janvier. Vote du 18e amendement à la constitution américaine : « la fabrication, la vente et le transport de boissons alcoolisées, ainsi que leur exportation et leur importation sont prohibés sur le territoire des États-Unis. La loi entre en vigueur un an plus tard. Elle est annulée en décembre 1933.

1920. – Etats-Unis. Avril. Première chasse aux sorcières. Le ministre de la justice Mitchell Palmer, issu du parti démocrate, lance l’opération « Palmer ne laisse pas ce pays voir rouge ». Il est assisté dans sa tâche par un certain Edgar Hoover qui, quelques années plus tard deviendra le patron du FBI. Arrestation de 4000 prétendus communistes. A New York, les cinq élus socialistes chassés de l’assemblée législative. 5000 mandats d’expulsion contre des immigrés. (Références extraites de L’Empire américain de Claude Julien).

Etats-Unis. Avril. George J. Nathan  et H.L. Mencken lancent le pulp Black Mask. Coût: 20 cents pour 128 pages et une douzaine de nouvelles. Dernier numéro en juillet 1951.

Angleterre. La Mystérieuse affaire de Styles. Premier roman de l’Anglaise Agatha Christie et naissance du détective Hercule Poirot.

1921. – Etats-Unis. 1er août. A l’issue d’une grève entamée en 1919 par les mineurs de Virginie de l’Ouest, la police blesse et tue plusieurs syndicalistes. Un rassemblement de protestation à Blair Moutain engendre durant trois jours une bataille à la mitraillette. Les exploitants louent quatre avions et bombardent les mineurs (Le Champ de bataille du charbon par James Cain,  octobre 1922, The Atlantic Monthly. Repris in Soixante ans de journalisme, Ed. Rivages).

Italie. L’éditeur italien Sonzogno crée la collection Il romanziere poliziesco.

1922. – Etats-Unis. Décembre. Apparition du premier aventurier du genre dans Black Mask avec Le Faux Burton Combs de Carroll John Daly.

1923. -Etats-Unis. Juin. Black Mask  publie la  nouvelle Les Chevaliers de la paume ouverte avec Race Williams, premier détective dur-à-cuire.

1er octobre. Etats-Unis. Première apparition du détective anonyme de Dashiell Hammett, le «Continental Op», dans la nouvelle Arson Plus, publiée dans Black Mask.

1924. – Etats-Unis. Le mouvement fasciste Ku-Klux-Klan (quatre millions de membres) retrouve une seconde jeunesse pour traquer Noirs, juifs, catholiques et d’une façon générale, les progressistes.

Belgique. Naissance de Jules Maigret. Première enquête officielle : Pietr le Letton.

1925. -Etats-Unis. La Maison sans clef de Earl Derr Biggers : première enquête de Charlie Chan, de la police d’Honolulu.

1926. – Etats-Unis. S.S. Van Dine publie La Mystérieuse affaire Benson, première enquête de son détective de salon Philo Vance.

Mars. Black Mask publie  Scotty Troubles Trouble de Raoul Whitfield.

Novembre. Un changement radical intervient à Black Mask avec l’arrivée de Joseph T. Shaw, ancien capitaine de l’armée devenu directeur littéraire.

1927. – France. Albert Pigasse crée aux éditions des Champs Elysées la collection policière Le Masque toujours en activité presque quatre-vingt ans plus tard.

Etats-Unis. Frances Noyes Hart publie Le Procès Bellamy, premier roman qui se déroule à l’intérieur d’un tribunal. À partir de novembre, publication en quatre parties dans Black Mask du premier roman de Dashiell Hammett, La Moisson rouge. Décembre. Le Vengeur de Horace McCoy dans Black Mask.

1928. – Angleterre. Naissance de Miss Marple d’Agatha Christie dans plusieurs nouvelles du magazine The Sketch. Puis dans le roman L’Affaire Protheroes (1930). Ultime apparition : La Dernière énigme (1976).

1929. – Etats-Unis. 24 octobre. Jeudi noir. La bourse de Wall Sreet s’effondre. Début de la Dépression qui jette sur les routes des millions de chômeurs.

Parution chez l’éditeur new-yorkais Alfred A. Knopf de La Moisson rouge et de Sang maudit, les deux premiers romans de Dashiell Hammett déjà publiés en épisodes dans Black Mask. Le roman noir s’affiche en volume cartonné. Ellery Queen débute avec Le Mystère du chapeau de soie. Premiers romans de gangsters : Le Petit César de William Burnett et Un nommé Louis Beretti de Donald H. Clarke.

Italie. L’éditeur milanais Mondadori crée la collection de libri gialli.

Espagne. Les éditions Molino à Barcelone créent « Biblioteca de oro » qui publie des traductions de classiques comme Agatha Christie, Van Dine, Freeman.

1930. – Etats-Unis. Publication de Scarface d’Armitage Trail.

France. Albert Pigasse inaugure le Grand Prix du roman d’Aventures. Pierre Véry premier primé avec Le Testament de Basil Crookes.

1932. – Etats-Unis. Mars. Début dans Black Mask de A tombeau ouvert de Paul Cain.

France. Claude Aveline publie La Double mort de Frédéric Belot, premier épisode d’une Suite policière qui en comporte cinq, réunis en un seul volume.

Belgique. Harry Dickson renaît sous la plume de Jean Ray.

1933. – Etats-Unis. Juillet. Parution dans Black Mask de Double Check de Thomas Walsh et en décembre, de la première nouvelle de Raymond Chandler, Les Maîtres chanteurs ne tirent pas.

1934. – Etats-Unis. Le Facteur sonne toujours deux fois de James Cain. De son côté, Hammett écrit le scénario de la BD Agent secret X 9 illustrée par l’immense Alex Raymond. Leslie Charteris (l’inventeur du personnage de Simon Templar, dit le Saint) succède à Hammett comme scénariste.

1936. – Etats-Unis. Octobre. Sail de Lester Dent dans Black Mask.

1937. – Etats-Unis. Janvier. Black Mask publie On tourne de William Irish et en août, Hollywood Party de Steve Fisher

1938. – Etats-Unis. La Flèche peinte de John Dickson Carr. Chef d’oeuvre des récits de chambre close

1939. – 19 juin. Etats-Unis. Le New York Times annonce sur une pleine page la naissance du livre de poche. De Graff et Simon & Schuster lancent sur le marché dix titres parmi lesquels Bambi, Horizons perdus et des tragédies de Shakespeare. Meilleure vente: Les Hauts de Hurlevent.

1941. – Etats-Unis. Au printemps, parution du premier numéro de la revue de nouvelles policières Ellery Queen’s Mystery Magazine. Au sommaire : Dashiell Hammett et Ellery Queen.

1942.  – Espagne. El idolo azteca de Juan Montoro (José Mallorqui) premier auteur espagnol publié dans la collection « Biblioteca de oro ».

1943. – France. De retour de captivité dans un stalag, Léo Malet écrit 120, rue de la Gare et donne le jour à Nestor Burma,  privé français de l’Agence Fiat Lux, il met le mystère K. O.

Espagne. Première étude sur le genre : De Salomon a Edgar Wallace (Club del crimen) par Carlos Fernandez Cuenca.

1944. – Canada. Québec. Naissance de la première collection de poche « Petit format ».

1945. – France. Marcel Duhamel crée aux éditions Gallimard une nouvelle collection policière, qui regroupe sous une couverture noire bordée de blanc les meilleurs auteurs américains du genre hard-boiled. Sur proposition du poète Jacques Prévert, la collection s’appelle « Série noire ». Deux titres publiés dans l’année : La Môme vert-de-gris et Cet homme est dangereux, tous deux de Peter Cheyney, le créateur anglais de l’agent du FBI, Lemmy Caution.

1946. – France. Jacques Gatineau crée le Prix du Quai des Orfèvres décerné sur manuscrit par un jury composé d’auteurs et de fonctionnaires de police., créé par les éditions Opta administrées par Maurice Renault et son agence littéraire. Maurice-Bernard Endrèbe fonde le Grand Prix de littérature policière.

1948.- France. Janvier. Naissance de la revue Ellery Queen Mystère Magazine.

1949. – France. Armand de Caro crée les éditions du Fleuve noir ainsi que plusieurs collections consacrées aux auteurs francophones: « Spécial Police » (1949-1987), « Espionnage » (1950-1987) et « Angoisse » (1954-1974).

Belgique : Naissance des éditions Marabout.

1950. – Etats-Unis. 9 février. Le sénateur McCarthy relance la chasse aux sorcières. Des romans noirs évoquent cette période dont Le Pendu d’Hollywood (Andrew Bergman), L’Ange déchu (Howard Fast), Le Village de verre (Ellery Queen), A feu et à sang (Kenneth Millar), Chasse aux sorcières (Ed Lacy), Un crime dans la tête (Richard Condon), La Nuit des crapauds (Michael Collins), Le Grand nulle part (James Ellroy).

1951. – France. Malheur aux barbus, feuilleton radiophonique de Pierre Dac et Francis Blanche dans lequel l’ignoble Furax est opposé aux détectives Black and White.

Etats-Unis. La Planque de William McGivern. Premier volet d’un cycle consacré à la police de Philadelphie qui se poursuit avec Coup de torchon (1953), Quand les poulets ont des dents (1954) et La Colère noire (1954).

1952. – Angleterre. Les Oiseaux, nouvelle de Daphne du Maurier

1953. – Angleterre. Création par John Creasey et Nigel Morland de la Crime Writers Association qui rassemble les écrivains britanniques.

1954. – France. Léo Malet rend hommage à Eugène Sue en entamant une série d’enquêtes de Nestor Burma dont chacune se déroule dans un arrondissement de Paris. Cette saga intitulée « Les nouveaux mystères de Paris » sera limitée à quinze volumes au lieu des vingt initialement prévus.

1956. – Etats-Unis. Avec Du balai, Le Sonneur et Le Fourgue, Ed McBain entame sa saga des inspecteurs du 87e district de la ville d’Isola (en fait New York). Elle s’achève en 2006, cinquante ans plus tard après le décès de son créateur avec 56 volumes. Elle a inspiré Capitaine Furillo et New York P.D. Blues, deux célèbres feuilletons de la télévision américaine.

1964. – Espagne. Première collection catalane, «La cua de palla », créée aux edicionnes 62. Premier titre : un roman de Sébastien Japrisot.

1965. – Suède. Roseanna de Maj Sjowall et Peer Wahlöô. Premier des dix volumes consacrés au commissaire Beck et à sa brigade de la police de Stockholm.

1966. – Italie. Création par Giorgio Scerbanenco dans Venus privée du personnage de Duca Lamberti. Médecin, il a été radié par le conseil de l’ordre pour avoir pratiqué une euthanasie. Il sera le protagoniste de quatre romans et de deux synopsis, ses deux dernières enquêtes n’ayant pu être achevées par l’auteur.

1968. – Etats-Unis. La Main à l’appât. Première enquête de la policière Christie Opara de Dorothy Uhnak.

1969. – Etats-Unis. Succès du livre Le Parrain de Mario Puzo qui entraîne une série de romans et de témoignages sur la Mafia et ses activités.

1970. – Etats-Unis. Dans son roman Un blond évaporé. Joseph Hansen crée un enquêteur homosexuel, Dave Brandstetter.

La Voie de l’ennemi. Première enquête du policier navajo Joe Leaphorn de Tony Hillerman.

1971. – Etats-Unis. Le Coup tordu. Première enquête du Nameless, le privé de Bill Pronzini. Début de la série Le Guerroyeur de Murphy et Sapir consacrée au superflic Reno Williams décimeur de la pègre et prônant la justice sauvage.

France. L’Affaire N’Gustro de Jean-Patrick Manchette.

1972. – France. Georges Rieben et Luc Geslin créent le Prix Mystère de la critique. Premier lauréat : Albert Simonin.

1973. – François Guérif ouvre à Paris, rue Montholon, « Le Troisième œil », la première librairie consacrée au polar.

1974. – Espagne. Naissance de Pepe Carvalho, le détective gourmet de Manuel Vasquez Montalban dans J’ai tué Kennedy et Tatouage (1974). Jaume Fuster publie en catalan  De mica en mica s’omple la pica (Petit à petit l’oiseau fait son nid) considéré comme le premier roman noir espagnol.

Italie. Loriano Machiavelli met en scène dans Le piste dell’attentatto, Antonio Sarti, sergent de police à Bologne.

1975. – Espagne. Les éditions Alianza de Madrid créent la collection «Selecciones septimo circulo », qui publiera cinquante titres avant de disparaître.

1976. – Etats-Unis. La publication de In the Midst of Death marque la naissance de Matt Scudder de Lawrence Block.

1977. – France. Janvier. Le Petit bleu de la côte ouest de Jean-Patrick Manchette.

1978. – France. Pierre-Jean et Hélène Oswald créent les Nouvelles Editions Oswald (NeO) et la collection policière «Le Miroir Obscur » aux couvertures illustrées par Jean-Claude Claeys.

Italie. Avec L’Affaire Kodra, début des aventures du commissaire milanais Ambrosio, créé par Renato Olivieri.

Espagne. Naissance de la collection « Novela negra » chez l’éditeur barcelonais Bruguera.

1979. – France. Naissance aux éditions Albin Michel de la collection «Spécial suspense ». François Guérif lance la revue Polar, parution mensuelle de 64 pages. Michel Lebrun publie chez Clancier-Guénaud son premier Almanach du crime.

Espagne. Création aux éditions Sedmay de la collection «Club del Crimen » dirigée par Carlos Pascual.

France. 5-6 mai. Premier festival du roman et du film policiers organisé par la maison de la culture de Reims, dirigée par Jacques Darolles et animée par Jacques Baudou. Il y aura huit éditions jusqu’en 1986.

1980. – France. 10 juin. Constitution de l’association 813 pour défendre et promouvoir la littérature policière sous toutes ses formes. Regroupe professionnels et simples lecteurs.

1981. – Etats-Unis. Brown’s Requiem. Premier roman de James Ellroy.

France. Naissance de Hard Boiled Dicks , fanzine créé par Roger Martin (22 numéros de 1981 à 1989);

Espagne. Barcelone. Mars. Publication du premier numéro de la revue Gimlet axée sur le roman noir, dirigée par Manuel Vasquez Montalban.

1982. -Etats-Unis. Sue Grafton crée dans A comme alibi la première détective privée de série, Kinsey Milhone.

Italie. Oreste del Buono crée le prix Alberto Tedeschi qui récompense le meilleur roman policier italien de l’année.

France. Suite aux demandes de l’association 813, la ville de Paris accepte de créer la BILIPO (bibliothèque spécialisée dans la littérature policière). Aujourd’hui  48/50 rue du Cardinal Lemoine dans le 5e arrondissement de Paris. Claude Mesplède et Jean-Jacques Schléret publient chez Futuropolis, Voyage au bout de la noire, un dictionnaire des auteurs de la série noire.

1984. – France. Paris. Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx. Angers. Jean-Paul Guéry crée le fanzine La Tête en noir, bimestriel de mille exemplaires diffusés gratuitement. 25 ans d’existence en 2009.

1985. – France. Paris. Naissance de Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, dans Au bonheur des ogres de Daniel Pennac.

1986. – France. Paris. Création de la collection «Rivages/Noir » dirigée par François Guérif. Paris. Joseph Périgot crée la collection « Souris noire » aux éditions Syros. Cognac. Les Jeux de l’amour et de la mort, premier roman de Fred Vargas primé au festival du film policier. Paris. La Dame de Cachemire de Francisco Gonzalez Ledesma, prix Mystère de la critique.

1987. – France. 17-18 octobre. Première édition de Grenoble polar. Vingt mille  participants, une centaine d’auteurs et un village du livre à la patinoire locale. Deux autres éditions en 1988 et 1989. Bordeaux. Naissance de la collection « Mascaret noir » dirigée par Claude Mesplède.

1988. -Espagne. Gijon, Asturies. Première édition de la Semana Negra à l’initiative du romancier mexicain Paco Ignacio Taibo II :  débats littéraires au coeur d’une fête foraine. En 2008, vingt et unième édition avec 150 écrivains de polar et de SF du monde entier invités.

Amérique du Sud. Création du Prix Dashiell Hammett décerné chaque année durant la Semana negra de Gijon, Espagne.

1989. – Angleterre. Coeurs solitaires de John Harvey, premier volume de la série consacrée aux enquêtes de l’inspecteur Charlie Resnick de la police de Nottingham.

1990. – Etats-Unis. Patricia Cornwell débute avec Postmortem un cycle dont l’héroïne, Kay Scarpetta, est une femme médecin légiste.

Italie. Création du groupe des 13, une réunion d’écrivains italiens.

1992. – France. Paris. Mars. Naissance des éditions Canaille sous la houlette de Jean-Jacques Reboux.

1995. -France. Saint-Malo. Pentecôte. Le festival célèbre les 50 ans de la « série noire ». Nantes. Aux éditions L’Atalante, publication de La Crème du crime, anthologie de 88 nouvelles francophones, signée Michel Lebrun et Claude Mesplède. Paris. Naissance de Gabriel Lecouvreur surnommé « Le Poulpe » dans une collection dirigée par J.B. Pouy aux éditions Baleine.

1996. – Canada. Québec. Jean Pettigrew et Louise Alain créent les éditions Alire avec une collection de polars québécois.

Italie. Carlo Lucarelli publie Guernica

France. Nantes. Claude Mesplède signe Les Auteurs de la série noire (Joseph K), version complétée et remaniée de Voyage au bout de la noire. Paris. 20 juin. Décès de Michel Lebrun. Vienne. Premier festival « Sang d’encre » créé par François Joly. Villeneuve-Loubet. Sortie des Carnets de la Noir’Rôde, fanzine de l’association homonyme. Cognac. Premier festival « Polar and Co, le salon » sous l’égide de Bernard Bec.

1997. – France. Limoges. Naissance de « La Vache qui lit », bulletin de l’association homonyme. Rédacteur en chef : Serge Vacher. Lamballe. Novembre. Premier festival « Noir sur la ville » organisé par l’association « Fureur du noir » présidée par Alain Le Flohic.

1998. – France. Saint-Macaire. Premier numéro de la revue  de L’ours polar sous la direction de Christophe Dupuis. Nantes. Octobre. Premier numéro de la revue Temps Noir créé par Franck Lhomeau des éditions Joseph K.  Besançon. Premier festival des littératures policières, noires et sociales. Montigny-Lez-Cormeilles. Décembre. Premier salon du polar créé par Jean-Michel Pieuchon. Frontignan. Juin. Premier festival international du roman noir créé par Michel Gueorguieff. Paris. Jean-Christophe Grangé publie les Rivières poupres, obtient un grand succès et ouvre la voie du thriller à toute une génération de jeunes auteurs comme Chattam, Thilliez, etc.

1999. – France. Création du Grand Prix du roman noir du festival du film policier de Cognac.

Espagne. Ouverture à Lhospitalet del Llobrega, à la lisière de Barcelone, de la  Bóbila, première bibliothèque publique dotée d’un fonds important consacré au polar. Son créateur/directeur, Jordi Canal est aussi à l’origine du fanzine H Confidential.

1999-2001. -France. La collection « Omnibus » des Presses de la Cité rassemble en huit volumes 49 récits d’Ed McBain consacrés aux inspecteurs du 87. Monumental car chaque roman est rétabli dans sa traduction complète.

2000. – France. Saint-Macaire. Naissance de la librairie polar « Entre deux noirs » dirigée par Christophe Dupuis et Frédérique Sender. Marseille. Avec quelques amis, François Thomazeau crée la maison d’édition « L’écailler du sud ».

2001. – France. Paris. François Guérif signe l’éditorial du dernier numéro de la revue Polar dont la publication est arrêtée après 58 numéros. Paris. Première édition des prix polar SNCF. Landes. Les éditions Gaia lancent une collection de polars inaugurée avec une nouvelle traduction du roman de Gunnar Staalesen, Le Loup dans la bergerie.

Espagne. Janvier. Naissance à l’initiative de Zeki Perez Diaz du journal La Gangsterera, entièrement consacré au polar.

Canada. Québec. Naissance de Alibis, revue policière trimestrielle.

2002. – Espagne. Naissance de la revue Prótesis « consacrée au crime » littéraire.

France. Paris. Début de la parution de « Tout Simenon » en 25 volumes de la collection Omnibus, une somme de 25.000 pages. Paris. Les éditions Autrement lancent la collection « noir urbain » dirigée par Claude Mesplède.

2003. – Espagne. Février. Création par Zeki Perez Diaz de l’association Novelpol, qui, comme sa cousine française 813, a pour vocation de rassembler  écrivains et lecteurs passionnés par le roman noir et policier. Les adhérents de Novelpol votent chaque année pour désigner le meilleur roman publié en Espagne. Barcelone. Paco Camarasa et Montsé Clavé ouvrent la librairie Negra y Criminal, entièrement consacrée au polar.

2005. – France / Allemagne. Création par Claude Mesplède, Elfriede Müller et Raphael Villatte du site Europolar, qui publie sur internet un journal trimestriel en cinq langues consacré au roman policier et noir de l’Europe.

Espagne. Barcelone. 20, 21, 22 janvier. Première rencontre européenne autour du roman noir organisée par Paco Camarasa et Montsé Clavé.

France. Paris. Aurélien Masson, nouveau directeur de la « Série noire ». Le format de poche est abandonné au bénéfice du grand format avec photo noir et blanc pleine couverture. Lyon. Premier festival international « Quai du polar ».

2006. -France. Paris. Jean-Bernard Pouy lance « Suite noire » aux éditions Labranche, en hommage à la formule poche de la « série noire ». Bon Encontre, Lot et Garonne. Premier salon du polar. Paris. Olivier Gallmeister, passionné de romans américains et de grands espaces, fonde sa maison d’édition et réédite le chef d’œuvre de Edward Abbey, Le Gang de la clef à molette.

2007. – France. Paris. Année Maigret. Les éditions Omnibus réalisent une première : toutes les enquêtes du célèbre commissaire en dix volumes. Nantes. Novembre : seconde édition du dictionnaire des littératures policières. Le Mans. Le trophée 813 de la meilleure étude de l’année est attribué à l’universitaire Benoît Tadié pour Le Polar américain, la modernité et le mal, un essai sensationnel. Marseille. Création par Jacques Aubergy de la collection « L’atinoir » ouverte sur les littératures hispaniques. Les deux premiers titres sont traduits du mexicain. Cognac. Vingt-cinquième et dernière édition du festival du film policier.

2008. – Paris. Garden of Love de Marcus Malte est primé neuf fois notamment par les lectrices du magazine Elle. Paris. Trophées 813 à Caryl Ferey (meilleur roman), Valerio Evangelisti (roman étranger), Journal de Jean-Patrick Manchette (meilleure étude). Paris. Caroline Masson ouvre la librairie « Terminus polar » avenue Parmentier dans le onzième. C’est une des rares librairies polar spécialisée en livres neufs. Marie-France Rémond crée le prix du roman noir du Nouvel Observateur. Montigny-lez-Cormeilles. La Théorie du Panda de Pascal Garnier primé au salon polar.

2009. – Paris. Janvier. Sortie de Un pays à l’aube, fresque monumentale de Dennis Lehane. Paris. Janvier. Naissance du site K-libre créé par Julien Védrenne et son équipe.

Mildred Davis ou l’art de ne pas se fier aux apparences

Publié dans Débuter en Polar Lundi 9 février 2009

mildred-davis-nb Deux championnes du suspense psychologique

Mary Higgins Clark figure depuis plus de trente ans au hit parade du suspense psychologique, avec des millions d’exemplaires vendus pour chacun de ses titres. Romancière consacrée, elle connaît et sait utiliser avec efficacité toutes les ficelles du genre pour capter un large public. Elle n’hésite pas non plus à parfaire son impact en passant plusieurs mois en tournées de promo­tion auprès des médias de nombreux pays. A côté de cette sorte de multinationale de l’écriture, sa consœur  Mildred Davis fait figure de modeste artisane injustement méconnue. Pourtant, la façon toute personnelle qu’elle avait de composer ses romans aurait mérité une plus large audience et même si son œuvre se situe entre 1948 et 1977, elle est toujours d’actualité parce que les livres de qualité restent indémodables. Lire la suite »

Jim Thompson ou la cirrhose de l’âme

Publié dans Débuter en Polar Dimanche 8 février 2009

Occulté dans son pays

thompsonSi Jim Thompson est apprécié des lecteurs français, il est toujours occulté dans son pays d’origine. Lorsqu’il mourut, en 1977, vingt-cinq personnes assistèrent à son enterrement. Cet isolement tient sans aucun doute à la singularité de son œuvre, jamais tendre sur la société américaine. Il pouvait en parler d’expérience : né en 1906 dans l’Oklahoma d’un père shérif et d’une mère institutrice, il sera initié par son grand-père aux classiques grecs, à Freud, Karl Marx, Swift, Cervantes. Son père, devenu millionnaire dans les champs de pétrole du Texas, fera rapidement faillite. Jim, grouillot dans un journal local, commence à écrire quelques articles. Le jour, il étudie au lycée. La nuit, il est groom dans un hôtel et devient vite dépressif, tuberculeux et alcoolique à dix-huit ans. Rétabli, il rejoint son père et travaille trois ans, au coude à coude avec les ouvriers. Il en tirera le matériau de plusieurs nouvelles et de deux romans (1) mais surtout cette expérience le situera pour toujours dans le camp des humbles et des victimes de la société capitaliste. Lire la suite »

Lire Georges Simenon

Publié dans Débuter en Polar Samedi 7 février 2009

colonne-maigret

Pourquoi Jules Maigret est-il populaire ?

2007 fut considérée comme l’année Maigret avec le soixante-quinzième anniversaire (1) de la naissance de Jules-Amédée-François Maigret, commissaire divisionnaire de la PJ (police judiciaire), chef de la brigade criminelle, Quai des Orfèvres, à Paris. Un fabuleux policier, connu de toute la planète et qui a inspiré tant de clones ! N’avez-vous pas déjà lu dans la presse ce type de citation « untel considéré comme le Maigret écossais », ou encore « tel autre connu comme le Maigret italien ». Bref, l’homme a fait le tour du monde et pour célébrer son anniversaire, les éditions des Presses de la Cité ont publié à partir de l’année 2007, l’intégrale (2) de ses cent trois enquêtes en dix volumes qui rassemblent par ordre d’écriture les soixante-quinze romans et les vingt-huit nouvelles où Maigret apparaît. Lire la suite »

Pierre Dac roi du feuilleton loufoque

Publié dans Débuter en Polar Mercredi 4 février 2009

De son vrai nom André Isaac, il est né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne. Après la Première Guerre mondiale, il est chauffeur de taxi, homme-sandwich, représentant de commerce, puis chansonnier. Il crée « Le club des loufoques » et lance sur les ondes la « Course au trésor » avant de devenir le rédacteur en chef de L’Os à moelle, un hebdomadaire qui tire régulièrement à un demi-million d’exemplaires. Cette publication, intitulée Organe officiel des loufoques, connaîtra cent huit numéros de 1938 à 1940. C’est au fil des pages de cet hebdo que fleurissent les petites annonces du style « garde mobile cherche place stable » « si vous ne vous sentez pas bien faites vous sentir par les autres » « pour rentrer chez vous, une seule adresse, la vôtre ! ». Lire la suite »