Si vous ne connaissez pas encore Michael Dibdin (1947-2007), voici l’occasion de découvrir ce talentueux romancier anglais. Il a débuté en 1978 avec une splendide imitation de Conan Doyle (L’Ultime défi de Sherlock Holmes). Lire la suite »
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Le vieux gentilhomme se promenait, tout seul dans son parc, les mains derrière le dos, en lisant son journal.
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Chez le bouquiniste
Si vous ne connaissez pas encore Michael Dibdin (1947-2007), voici l’occasion de découvrir ce talentueux romancier anglais. Il a débuté en 1978 avec une splendide imitation de Conan Doyle (L’Ultime défi de Sherlock Holmes). Lire la suite »
État de siège
Tonino BENACQUISTA – Drôle, cynique et désespéré !
Malgré un début d’une grande drôlerie, le romancier livre un récit oscillant entre cynisme et désespoir. La description de la vie des noctambules parisiens qui s’apparentent à des vampires fait basculer le récit dans l’étrange et le fantastique. L’écriture alerte et l’imagination sans borne de Tonino Benacquista font de son cinquième roman une véritable réussite.
Veille de noël au 87e district (And All Through the House, 1994) a été publié en septembre 2000, format 14,5 x 17,5, texte et illustrations de 46 pages sous couverture cartonnée bleu illustrée sous emboitage ajouré (pour voir les illustrations). Ce récit est dédié « à mes petits-enfants Dean et Susan Hunter-Cutrona ». Lire la suite »
Harry Kemelman. Jeudi, le rabbin est sorti (Thursday, the Rabbi Walked Out, 1978) 10/18 « Grands Détectives » n° 2026 (1989). Trad. Lazare Rabineau.
Dans ce village, les filles comme les garçons, à partir de douze ans, sont initiés aux armes à feu, aux technologies de pointe et à la pharmacologie. Les sommes colossales empochées à chaque contrat alimentent un compte spécial en Suisse. Une fois rétabli, George Waddy épouse Pauline et devient de ce fait membre de droit de la communauté. Il est alors prié de prononcer ses « vœux » qui feront de lui un tueur à gages chargé d’un premier contrat : éliminer l’attorney général des Etats-Unis. Mais rien ne va se passer comme prévu. Roman étrange qui mêle politique-fiction, suspense, angoisse et mystère. Il est si captivant qu’on le lit d’une traite même si l’intrigue reste embrouillée et semée d’invraisemblances mais l’ensemble tient finalement bien la route. William Judson. Les Saigneurs du village (Kilman’s Landing, 1976) Gallimard, Super noire n° 75 (1977). Trad. de Madeleine Charvet.
Attention chef d’oeuvre à consommer sans modération
Entre-temps, le nouveau locataire est initié aux travaux de La Maison qui consistent, le soir venu, de parcourir la ville en ambulance, munis de fiches établies par le service « renseignements ». Les individus mentionnés sur les fiches sont asphyxiés au gaz, enlevés et enfin éliminés par une piqûre au cyanure. Puis un train spécial les transporte jusqu’à un crématoire où ils sont brûlés. Petit à petit, Joseph Doigt va gravir les échelons jusqu’au poste de directeur général où il prend soudain conscience que tuer des gens n’a d’autre finalité que d’en faire travailler d’autres. Effaré, il se désigne pour faire partie de ceux qui seront assassinés le lendemain. Vraiment singulière et pleine d’originalité, cette histoire foldingue peut faire penser par son côté absurde et son désespoir à Kafka et au 1984 d’Orwell. Chacun pourra imaginer d’autres comparaisons. Allégorie teintée d’humour noir sur les sociétés qui se prétendent modernes parce qu’elles entretiennent un libéralisme effréné. Le progrès technique étant prioritairement utilisé contre les individus pour les aliéner plutôt que pour améliorer leur vie sociale. Chaque personnage, chaque acte décrit représente un symbole, le plus énorme étant le rappel direct des camps nazis d’extermination. L’ouvrage pour son apparente démence et son humour à froid, mérite amplement de figurer dans la collection « Série Noire » à la section des perles rares comme Le Grossium, La Baleine scandaleuse, Je suis un sournois et autre Londres-Express. Tout en étant daté de 1972, il reste toujours d’une profonde actualité. Christopher Wilkins. N’y mettez pas le doigt (Finger, 1972). Gallimard super noire n° 7 (1975). Trad. Roger Guerbet. Réédition : Série noire n° 2392 (1995).
Philadelphie (Pennsylvanie), 1936. Le chômage frappe dur une population qui déjà vit difficilement. Ralph, Dingo, Ker et George, quatre gars, chacun pas loin de la trentaine sont sans boulot. Chacun cohabite avec sa famille respective et plus ou moins d’harmonie et de compréhension. Le plus clair de leur temps se passe au coin de la rue à glander et grignoter des pistaches: « Au coin des rues des grandes villes de ce grand pays. Une foule de types plantés sur les trottoirs, les mains dans les poches, en attendant qu’il se passe quelque chose en l’an de grâce 1936 » (page 53). Et il ne se passe pas grand chose pour nos quatre compères. Ils ne réussissent même pas à faire la fête avec les filles. Ou bien elles ne viennent pas au rendez-vous, ou encore elles aussi sont au chômage. C’est pourtant à la faveur d’une de ces surprises parties ratées que Ralph rencontre Edna Daly: « Elle avait vingt trois ans. Ses cheveux étaient d’un blond cendré presque de la même couleur que ses yeux. Elle avait une peau douce, blanche et propre. Mais ses joues n’avaient aucune couleur. » (page 72). Plus tard, Ralph croisera aussi Lénore, femme bien en chair qui terrorise son mari et sa belle-mère. Les lecteurs goodisiens auront bien évidemment reconnu en ces deux personnages féminins une rémanence chère à leur auteur. Toute l’histoire se déroule dans un climat de léthargie perpétuelle des protagonistes; léthargie qui provient de leur incapacité à agir parce qu’ils n’ont aucune perspective de s’en sortir et même si Ken, le compositeur de chansons, parle tous les jours d’aller vendre sa production en Floride, il ne bouge pas pour autant. « Constat désespéré sur la jeunesse de l’époque » indique la quatrième de couverture. On pourrait extrapoler en disant que ce constat reste valable dans toutes ces sociétés qui mutilent la jeunesse en la laissant sans travail utile, toutes ces sociétés dans lesquelles, comme dit Lénore « on a une idée brillante et on essaie de la mettre en pratique. Mais ça ne marche jamais. On ne peut pas descendre du manège qui n’arrête pas de tourner » (page 195). Simple et efficace, ce bon roman de Goodis est servi par une excellente traduction de Jean-Paul Gratias. Il est indispensable pour tous ceux qui cherchent à compléter l’intégrale de l’homme de Philadelphie car c’était son unique roman encore inédit en français. David Goodis, La Blonde au coin de la rue (The Blonde on the Street Corner, 1954). Trad. de Jean-Paul Gratias. Rivages/Noir n*9 (1986), 198 pages.
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