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Carnet noir
| Il est des périodes où chaque jour ou semaine vous apporte la disparition d’un être cher. Jeudi c’était mon frère Pierre-Alain. Dimanche, trois jours après, c’est mon ami Michel Boujut qui s’en va de façon totalement inattendue. Nous n’étions pas amis de très longue date mais enfin six ans, ce n’est quand même pas rien. Nous nous étions rencontrés à Saint-Quentin en Yvelines dans le cadre du salon polar organisé par Le Prisme, une entité qui anime et gère la culture pour la communauté des sept communes du secteur. Michel était conseiller pour le cinéma et moi-même conseiller littéraire.

Nous avons scellé notre amitié dès la première rencontre, même âge à un an
près, même type de culture, même passion pour le cinéma et le livre. Même aptitude à ouvrir sa gueule contre les injustices. J’allai oublier le même amour pour le jazz. C’est ainsi que lorsqu’il écrivit La vie de Marie-Thérèse qui bifurqua quand sa passion pour le jazz prit une forme excessive, en 2007, il vint tout naturellement loger chez moi durant tout le temps necessaire pour rassembler la documentation relative au fait divers toulousain auquel était mêlée Marie-Thérèse, et tout au long de son récit, Michel Boujut juge utile de glisser quelques lignes à propos de personnes qui l’ont aidé à mener son enquête. Il faudrait aussi parler de la géniale émission « Cinéma cinéma » d’autant plus géniale qu’elle était réalisée avec peu de moyens
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Mon petit frère, Pierre-Alain, celui que nous surnommions PAM nous a quittés. Parti au paradis des polardeux dans la nuit du jeudi 26 mai 2011. Discrètement, il est allé rejoindre d’autres amis, disparus au fil des ans : Robert Soulat, Robin Cook, Pierre Bertin, Gregory McDonald, James Crumley, Ed McBain, Michel Lebrun, Ralph Messac, Chantal Bruel, Martin Brett alias Sanderson et d’autres encore qu’il avait rencontrés et qu’il aimait. Sans compter tous ses amis argentins, pratiquement tous des chanteurs, chanteuses ou musiciens. Je n’en ai jamais connu le dixième de cette tribu-là car si j’avais un certain avantage sur Pierre-Alain dans le polar, il me battait à plate-couture à propos du tango. Je garde encore cette image de lui, revêtu de son habit de lumière, avec le noeud papillon indispensable. Il interprétait son célèbre succès, la chanson mythique, le tango d’exception, VOLVER le morceau le plus célèbre de Carlos Gardel. La scène se déroulait dans la salle du Loup du Faubourg, près de la Bastille, rue de la Roquette. Un endroit magique pour tous ceux qui aiment la chanson et la convivialité. C’est là que j’ai rencontré pour la première fois Patrick Pécherot et que nous avons sympathisé immédiatement à cause de notre admiration réciproque pour ce grand poète méconnu, Gaston Couté. C’est aussi là que j’avais amené mon ami uruguayen, l’immense Daniel Chavarria, auteur de Un thé en Amazonie, L’Oeil de Cybèle, Adios muchachos et d’une demi-douzaine d’autres romans captivants. Daniel était donc présent ce soir où mon frère chantait dans une vraie salle pour la première fois. A la fin de la chanson, Daniel s’est levé, est allé sur la scène congratuler le chanteur en le serrant dans ses énormes bras. Daniel doit faire 1,90 m un peu l’image d’Hemingway d’autant qu’il porte barbe et cheveux blancs. Il est certain que Pierre-Alain apprécia la chose. Une autre fois, lors du salon de Cognac organisé par l’ami Bernard Bec, les auteurs invités furent réunis pour un repas offert par Jérôme Mouhot,le maire de l’époque. Les discours officiels ayant laissé un micro bien ouvert, en état de marche, Pierre-Alain occupa rapidement l’espace en interprétant deux ou trois de ses succès. Guy Marchand alias Nestor Burma, invité d’honneur du sal on,
un homme qui s ‘y connait en voix, c’est rien de le dire, félicita le chanteur qui apprécia un tel compliment venu d’un professionnel de ce calibre. Ce qui m’amusait beaucoup dans les interprétations de mon frère c’était son acharnement à prononcer les mots comme les Argentins. Difficile de faire de la phonétique sur papier mais ceux qui parlent espagnol comprendront. Les Argentins ont une manière bien à eux de prononcer le son « s » et mon frère en rajoutait comme s’il avait voulu devenir citoyen du pays de Rodolfo Walsh, de Raùl Argemi et de Rolo Diez. S’il brilla dans la chanson, mon frère se manifesta aussi dans le polar avec comme premier opus Les Trottoirs de Belgrano (1995), publié à la Série Noire et adapté au cinéma, quelques années plus tard, par Jean-Pierre Mocky sous le titre Grabuge. Hélas, au générique, le nom de Mesplède mal orthographié rendait très incertaine l’identité de l’auteur, ce qui a dû énerver ce dernier. Ce premier roman, sans être le chef d’oeuvre du siècle, est un récit agréable situé dans le quartier parisien du Marais qui abrite une boite de tango dont le chanteur vedette est assassiné. L’enquête qui s’ensuit se transforme en une balade entrecoupée de digressions pleines de fantaisie et de paroles de tangos célèbres qui rythment une narration dont le final se révele aussi foudroyant qu’imprévu. Son roman suivant, E pericoloso for Jersey (Baleine n° 95, 1997), est une aventure du Poulpe confronté aux arcanes des paradis fiscaux. Son troisième opus, écrit en réalité en 1983, sera publié quinze ans plus tard chez Méréal (devenu aujourd’hui Pascal Galodé) sous le titre Il était une foi (1997) qui inaugure son cycle de romans historiques, se déroule en 1433, deux ans après la mort de Jeanne d’Arc; Une version révisée, La deuxième mort de Jeanne d’Arc (2008) a été éditée chez tme, une maison d’édition de Toulouse, ce qui a ravi mon frère. D’abord cela donnait une seconde vie à son roman mais au-delà, c’était une sorte de fierté de paraitre dans sa ville sinon natale, tout au moins adoptive. Né comme moi pendant la Seconde guerre en Charente Maritime, il débarqua à Toulouse avec sa famille à l’âge de trois ans, autant dire qu’il se considérait comme un toulousain pur jus. Ses ultimes productions historiques trouvèrent place dans le catalogue de Pascal Galodé. Tout d’abord L’Esclave chrétien (2008), puis Les Caïmans du Marais (2009) à propos duquel je signais dans ma chronique mensuelle d’octobre 2009 dans la revue Options n° 550, le texte suivant : « J’ignore si la déontologie m’autorise à vanter le livre d’un parent. Je prends donc le risque de recommander Les Caïmans du Marais de Pierre-Alain Mesplède. Passionné d’histoire, il situe son récit à Paris, dans le quartier du Marais où pullulent les malfrats de toutes sortes surnommés les Caïmans. Et qui semblent s’être spécialisés dans l’assassinat anonyme à l’aide de charrettes de foin trop lourdement chargées d’où s’échappe un ballot qui tombe sur un individu et l’envoie ad patres. Un policier va enquêter sur chacun des crimes au ballot. Si cette énigme présente un intérêt certain, le roman tire aussi son charme des anecdotes et de la reconstitution historique de cette époque, servies par une écriture fluide très agréable ».
J’ajoute que j’ai offert un exemplaire de ce roman à Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées car mon facétieux de frère a appelé son policier Malvy.
Au fur et à mesure que j’écrivais cet hommage à mon petit frère, me parvenaient des messages de sympathie de nombreux amis, pour la plupart membres de la tribu des polardeux. Alors merci à Hervé, Serguei, Boris, Jeanne, Cathy, Elena, Gildas, Jean-Marc, Oncle Paul, (jusque-là tous sont identifiables) et il y en a plein d’ autres : Caroline, Gérard, Yann, Claudine, Nadine, Alexandra, Jo et Fred, et ça continue. Et à vous tous mes amis polardeux connus ou inconnus, je vous remercie du fond du coeur. On croit toujours que les condoléances relèvent du convenu ou de la convention formelle. Je viens d’en avoir la preuve avec vos messages. Ça fait aussi sacrément du bien au destinataire qui vous dit de façon collective un grand merci.
| IL EXCELLAIT À SAISIR CES CROCHE-PIEDS DE LA VIE QUI FONT BASCULER UN DESTIN..
. Ce parisien arrêta ses études à l’âge de quinze ans pour visiter le monde : Afrique du nord, Moyen Orient, puis toujours plus à l’Est pour un voyage à l’étranger qui dura dix ans. Revenu en France, il pratiqua le dessin, la peinture, s’essaya comme parolier. À partir de 1985, Pascal Garnier écrivit pour la jeunesse (Contes gouttes et Un chat comme moi), publia deux recueils de nouvelles (L’Année sabbatique et Surclassement) puis son premier roman, Le Pain de la veille (1989). Son œuvre compte dix-sept romans, huit recueils de nouvelles et une quarantaine de livres pour la jeunesse.
Pascal refusait les étiquettes et ne se considérait pas comme un auteur de polars. Pour tout dire, les querelles entre littérature blanche et littérature noire l’indisposaient. Ce qui n’a pas empêché les amateurs du genre de l’annexer après la publication de ses premiers romans dans la
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collection policière du Fleuve Noir : un quadra tue sa mère pour hériter puis propose le même service à ses amis dans le besoin (La Solution esquimau,1996) ; un individu très ordinaire est victime d’un engrenage fatal (La Place du mort, 1997). Ce qui intéressait Pascal « c’était le croche-pied de la vie qui fait basculer un destin » et dans chacun de ses romans, il s’ingéniait à saisir cet instant où tout chavire. Il excellait dans le registre des destins avortés et petits dérapages sans contrôle d’individus solitaires aux vies minuscules. Et sa voix, sa façon de raconter, c’est-à-dire son écriture, s’accordait parfaitement avec son sujet. Un style épuré, minimaliste, mais une manière rare, malgré cette économie de moyens, de choisir le mot juste pour susciter chez le lecteur l’émotion avec des brins de poésie et parfois des situations ou des trouvailles littéraires qui n’engendraient pas la mélancolie. Derniers titres parus : La Théorie du panda (Prix du meilleur roman, salon polar Montigny-les-Cormeilles 2008) ; Lune captive dans un œil mort (Prix des lycéens de Rhône Alpes 2009) ; Le Grand Loin (2010).
 Pascal Garnier, Alfred Eibel, Nadia Dhoukar, Claude Mesplède à Cognac |
LUNDI 18 JANVIER 2010, LE ROMANCIER ROBERT B. PARKER EST MORT ALORS QU’IL ÉCRIVAIT UNE NOUVELLE AVENTURE DE SON DÉTECTIVE PRÉFÉRÉ, SPENSER.
Robert Brown PARKER voit le jour le 17 septembre 1932 à Springfield (Massachussets). Études au Colby College de Waterville (Maine) et à l’université de Boston. Maîtrise (1957), doctorat (1971). Service militaire (1954/56), notamment en Corée. Rédacteur technique chez Raytheon Company (1957/59), dans une compagnie d’assurances (1959/62), parallèlement associé de la Parker Farman Company, une agence de publicité (1960/62). À partir de cette date, enseignant dans divers établissements dont l’université Northeastern de Boston jusqu’en 1979, date à partir de laquelle il se consacre entièrement à l’écriture.
Il vient au roman policier par le biais de sa thèse de doctorat, The Violent Hero, Wilderness Heritage and Urban Reality: A Study of the Private Eye in the Novels of Dashiell Hammett, Raymond Chandler and Ross Macdonald, puis conçoit son propre détective qui, à l’instar de Marlowe, porte le nom de Spenser, un poète élisabéthain. Influencé par Chandler et Hemingway, Parker reconnaît que pour tracer le portrait de son personnage, il s’est aussi inspiré de Rex Stout, de Faulkner, de Hammett et de Shane, le cow-boy mythique créé par Jack Schaefer et interprété à l’écran par Alan Ladd. Spenser est un détective privé qui opère à Boston et dans ses environs avec l’aide de Hawk, un Noir aussi grand que lui, le crâne rasé. C’est un adepte du jogging et de l’haltérophilie. Il a une liaison amoureuse avec Susan Silberman et aime la bière Amstel et les bons petits plats qu’il se mijote de temps à autre. Grave défaut: il boit le vin rouge glacé: «…je savais que les connaisseurs en vins me considéraient comme un barbare, mais j’en avais pris l’habitude et j’aimais le vin rouge frais» (Le Disparu).
Dans sa première enquête, il est chargé par le recteur d’une université de retrouver The Godwulf Manuscript (1973), datant du moyen âge. Dans la suivante, Le Disparu , il est engagé par un entrepreneur du bâtiment pour retrouver son jeune fils. Dans Base-ball boum!, il cherche à découvrir si la vedette de base-ball de l’équipe des Red Sox s’est laissée corrompre ou si elle est victime d’un chantage. Dans Promised Land, Edgar 1976, il doit ramener une jeune femme au domicile conjugal. The Judas Goat (1978) raconte la longue traque de Spenser à travers le monde pour retrouver les terroristes internationaux qui ont tué la femme et la fille d’un riche industriel, paralysé à la suite d’un attentat. Il sert de garde du corps à Rachel Wallace, une romancière féministe militante (Ramdam-Dame), puis à Candy Sloane, une journaliste qui a découvert un gros scandale dans les milieux du cinéma hollywoodiens (La Belle et les ténèbres). Dans Printemps pourri, il est sollicité par une mère divorcée pour ramener son fils que le père, malgré une assignation, garde caché. Il recherche une jeune fille qui a quitté sa famille et se prostitue (La Fugueuse enchantée), sert de garde du corps à un politicien que le comportement de sa femme risque d’handicaper pour le poste de sénateur (Un peu de discrétion), affronte les membres d’une secte (À coups de goupillon), et part en Californie au secours de sa chère Susan, séquestrée dans la forteresse d’un milliardaire (Sous les ailes de l’aigle), etc.
Les enquêtes de Spenser, on le voit, se suivent et se ressemblent dans leur banalité, car Robert Parker ne se considère pas comme un écrivain policier. À ce propos, il écrit: «je ne suis pas tellement intéressé par le roman policier. mais je m’attache aux personnages et au comportement humain… le crime est simplement un prétexte à l’action du héros. Et l’action est simplement la dramatisation de son caractère. Et ce qui m’intéresse c’est son caractère». C’est donc du côté de Ross MacDonald (voir Kenneth Millar) que vient l’influence majeure: la famille riche et décadente de The Godwulf Manuscript, les ménages brisés et les enfants paumés du Disparu et de Printemps pourri, tout cela rappelle le monde de Lew Archer. L’originalité de l’œuvre parkerienne tient à l’importance accordée à la femme, dotée ici d’un rôle adulte. Ayant observé que la littérature américaine traite souvent d’un monde où la femme est absente, Parker voulait écrire sur l’amour, «voir si le héros américain pouvait être un homme total… un homme complet, sans perdre les valeurs de l’enfance. S’il pouvait affronter l’âge adulte en assumant le pouvoir d’aimer aussi bien que le pouvoir de tuer». C’est pourquoi chaque récit consacre une place, parfois envahissante, aux relations entre Spenser et Susan Silverman qui vivent de bons et de mauvais moments comme un couple qui se cherche, se construit, avec ses ruptures et ses réconciliations. Le Cor sonne le glas, qui ne fait pas partie de la série des Spenser, est une contribution au thème westernien de la poursuite, et à celui, plus proche de nous, de l’autodéfense. Un écrivain, témoin d’un crime, est menacé par un gang. ll choisit de se retourner contre ses poursuivants et de les tuer avant qu’ils ne l’abattent, lui et sa femme.
Auteur d’articles sur la littérature policière, Marlowe’s Moral Code (1976) et Marxism and Mystery (1977), il a écrit avec sa femme, Joan H., une autobiographie, Three Weeks in Spring (1978). En 1989, il marie Philip Marlowe, dans Marlowe emménage, en terminant un manuscrit inachevé de Chandler. Il récidive avec Rêver peut-être…, sorte de suite au Grand sommeil dont il reprend les personnages, ce qui n’était pas indispensable. A la fin des années 1990, il crée un nouveau personnage, Sunny Randall, fille de policier qui est devenue détective privée et dont plusieurs enquêtes ont été traduites en français.
La série noire commence
Frédéric H. Fajardie
L’année 2008 a été marquée par la disparition de plusieurs romanciers de premier plan. Frédéric H. Fajardie a quitté ce monde le 1er mai comme s’il avait voulu manifester une dernière fois son soutien aux luttes ouvrières. Il aurait fêté ses soixante et un ans le 28 août 2008. Né d’un père bouquiniste à qui il était reconnaissant de lui avoir appris « à juger les hommes sur leur pratique et non pas sur leur discours », il vit une enfance marquée par la pauvreté et la grisaille Lire la suite »
La série noire se poursuit
Tony Hillerman
Le 26 octobre, Tony Hillerman s’en va suivi par Michael Crichton le 4 et George Chesbro le 18 novembre. Hillerman, comme tous les auteurs évoqués ici brièvement, possède une œuvre unique. Cet humaniste qui a cotoyé tout jeune des Indiens, a situé pratiquement tous ses romans dans une réserve indienne navajo et créé deux personnages inoubliables, membres de la police tribale de la réserve indienne : le lieutenant Joe Leaphorn et son cadet Jim Chee, plus traditionnaliste et plus attaché aux coutumes de son peuple. Au gré de l’œuvre, les deux hommes agiront isolément, puis seront réunis. Lire la suite »
La loi des séries doit bien exister car après plusieurs décès d’auteurs de polars importants durant l’année 2008, un autre nom célèbre s’est rajouté à cette liste.
 Donald Westlake au festival de Reims en 1981
Le 31 décembre, alors qu’il se préparait à réveillonner avec son épouse à San Tancho, au Mexique, Donald Westlake décédait d’une crise cardiaque à l’âge de 75 ans. Avec Ed McBain et Elmore Leonard, il appartenait à un trio majeur d’écrivains qui débutait à la fin des années 50, succédant aux grands créateurs du roman noir que furent Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Horace McCoy, William Burnett et quelques autres. Le relais fut repris de belle façon. McBain devint le meilleur raconteur de procédures policières, Elmore Leonard innova en utilisant les dialogues pour faire progresser l’action et Donald Westlake utilisa son humour et son imagination sans limite pour fustiger certains travers de la société américaine. Lire la suite »
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