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Eh bien, j’en connais des parents, jusqu’au cou déjà avec leur travail professionnel, jusqu’au cou aussi avec leur passion polardesque, qui trouvent le moyen d’y ajouter l’animation d’une activité » escrime » dans leur localité ou pour d’autres l’activité » rugby « . Si je n’étais pas un infâme mécréant, je dirai qu’avec Paul, on aurait pu faire ensemble notre première communion, mais me concernant ce ne fut ni la première, ni la dernière, ce fut rien et comme disait Prévert » Dieu qui êtes aux cieux, surtout restez y ! » C’est avec cette notation d’athéiste convaincu que s’achève ce nouvel édito de la renaissance de ce site avec au programme un reportage sur la semana negra et quelques articles sur des auteurs français et étrangers. Bonne lecture et même si mon site ne permet pas d’inscrire vos commentaires, vous pouvez toujours m’en faire à l’adresse suivante cmpapagayo@gmail.com Claude Mesplède
TOULOUSE POLARS DU SUD
TOULOUSE POLARS DU SUD
MERCREDI 12 JANVIER DE 18h30 À 20h Marcus Malte, en quelques années, est devenu l’un des auteurs les plus novateurs du roman noir français. On lui doit, en particulier, « Intérieur nord », « Toute la nuit devant nous », « La part des chiens », tous ces titres parus chez Zulma. Et « Carnage constellation » chez Folio Policier. Son précédent ouvrage, « Garden of Love », paru en 2007 chez Zulma, a obtenu 14 prix littéraires dont le Grand Prix des lectrices de Elle et le prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres (SDGL). Marcus Malte est aussi un très brillant auteur pour la jeunesse. Il a remporté également plusieurs prix dans ce domaine dont le prix du salon de Montigny-les-Cormeilles pour « Il va venir » édité chez Syros (2005). Livre après livre, Marcus Malte a bâti une œuvre singulière qui le classe parmi le carré d’as des meilleurs stylistes français du roman noir.
En passe d’attaquer joyeusement la rédaction de cette chronique, je me faisais un plaisir de la remettre à l’heure prévue à mon rédac’chef. Le téléphone a sonné, Il n’est guère orthodoxe dans une chronique littéraire d’évoquer un deuil. Mais je fonctionne au sentiment, à l’instinct et toutes ces disparitions chez les polardeux deviennent lourdes à porter. Plus de quatre-vingt auteurs britanniques et étasuniens nous ont quittés depuis le mois de janvier. Parmi eux, quelques pointures comme Dick Francis, Barry Hannah, Robert B. Parker, Ralph McInerny, Allan Sillitoe, Samuel Krasney, Robert Weverka ou Paul Jeffers. En France, les morts sont moins nombreux mais ils laissent un grand vide car chez nous les jalousies sont rares et la plupart des romanciers s’apprécient. Ils ont l’habitude de se croiser dans les salons où ils se trouvent invités plusieurs fois par an. Début 2010, ce fut Pascal Garnier. Encore trop méconnu du grand public, cet écrivain talentueux adorait décrire ces » croche-pieds de la vie qui font basculer un destin » et dans chacun de ses romans, il s’ingéniait à saisir l’instant où tout chavire. Quelques mois plus tard, le Marseillais Claude Klotz, alias Patrick Cauvain, tirait à son tour sa révérence, laissant orphelin ce diable de Raner, héros décalé de treize aventures. Mi-septembre, l’Avignonnais Jacky Monteillard décédait brusquement dans la force de l’âge. Édités à l’origine dans la collection de l’Écailler du sud, deux de ses romans figurent chez Gallimard, dans la collection » folio « . Ils mettent en scène vers 1450, un certain Tupac Hualpa, enquêteur en pays inca dont on découvre la culture et la façon de vivre au cœur de deux romans historiques : Celui qui sait lire le sang et Puma qui sommeille. Une totale réussite au niveau de la reconstitution. Mais attention, Jacky usait d’un pseudonyme et ses livres sont signés Joachim Sebastiano Valdez. Pour clore cette longue série de romanciers disparus, je vais en citer encore deux, décédés cet été. Le premier, le Gabonais Baenga Bolya, venait du Zaïre. A Paris, il avait fait sciences-po avec quelques personnalités politiques bien en vue, mais son souci restait la défense des états africains au sujet desquels il avait publié plusieurs essais d’économie. Ses romans, La Polyandre et Les Cocus posthumes sont des polars ethnologiques basés sur les traditions africaines. Le second est le mexicain Juan Hernandez Luna, fils spirituel de Paco Ignacio Taibo II apprécié pour la fantaisie qui domine ses écrits. Du tabac pour le puma et Le Corbeau la blonde et les méchants en attestent. Personnages et situations décrits sont très souvent d’une loufoquerie qui s’avère efficace pour exprimer la folie de nos sociétés. On pense immédiatement à la phrase de Taibo : » lorsque le lecteur va s’ennuyer, je fais surgir d’un coffre un nain qui joue des maracas et je dois justifier sa présence « . Michèle Witta, qui vient de mourir, était bibliothécaire à la BiLiPo, la bibliothèque des littératures policières inaugurée à Paris à la fin des années 80 suite aux demandes argumentées de l’association 813 (1) présidée par le romancier Alain Demouzon, porteur du projet. Outre un travail de documentaliste hors du commun, Michèle animait chaque année plusieurs stages de formation bibliothèque où elle faisait revivre de sa voix calme l’histoire des littératures policières. Cette brillante défenseuse du genre sera difficilement égalée. (1) Association qui rassemble jusqu’à concurrence de 813 membres, la fine fleur du polar français et international. Les adhérents n’ont pas l’obligation d’être romanciers. L’association 813 fêtera ses trente années d’activité par une soirée festive le 13 novembre, dans le cadre de PARIS NOIR, premier salon du polar, dans le onzième, Maison des Métallos, rue Jean-Pierre Timbaud. Je suis le parrain de cette manifestation littéraire qui se déroulera les 12, 13 et 14 novembre avec plus de cinquante auteurs de polars invités.
Chacun a sa petite idée sur le réseau Facebook. Chacun en pense ce qu’il lui plait. Moi j’aime et je suis en contact avec de nombreux romanciers français et étrangers, avec des organisateurs de festivals, avec des critiques et avec des monsieur et madame toutlemonde. Cet été, est née une idée amusante lancée par Maxime Gillio. Si vous ne connaissez pas Max, vous avez tort. C’est un ami charmant, drôle et modeste. Il a déjà publié trois romans aux éditions Polars en nord. Trois récits situés à Dunkerque et ses environs avec un duo de flics attachants Charles Dacié et Stéphane Marquet, originaire de Nice. Revenons à l’idée originale de Max : proposer l’écriture d’une nouvelle façon cadavre exquis avec des vrais morceaux d’auteurs dedans, le tout sous le label NF « L’Exquise Nouvelle sur Facebook » Il lance son idée, alerte ses amis. L’un d’eux, David Boidin crée le site. Désormais, il abritera tous ceux qui soutiennent l’élaboration de ce roman collectif et deviendra un espace de lecture pour les autres. Un autre ami de Maxime, Benjamin Berdeaux, saisit ses crayons et ses pinceaux pour faire naître des illustrations. Et des dizaines d’autres, amusés, que dis-je, amusés, plutôt emballés par le projet, s’inscrivent avec enthousiasme. On a largement atteint la centaine et parmi ces joyeux drilles dont je suis, quelques pointures comme Franck Thilliez, Ayerdahl, Sylvie Rouch, Gilles Mangard, Elisa Vix, Eric Yung, Elena Piacentini, Max Obione, Jeanne Desaubry etc. etc. http://www.impossible-dictionnaire.com/FB/EN_Compil.php Et découvrez le premier texte (je précise que chaque contribution ne doit pas excéder 420 signes, mais vous inquiétez pas car on repassera plusieurs fois. Luc ouvrit la porte et entra. C’était une véritable boucherie. Le vieux billot en bois, les couteaux alignés au mur, la porte de la chambre…froide, les étals remplis de viandes bien rouges, le hachoir en inox… Et la patronne, une opulente peroxydée accrochée à une esse, les yeux vitreux, des mouches bourdonnant dans la plaie béante qui lui déchirait le ventre. Le tueur à l’andouillette avait encore frappé. Vous pourrez lire la suite sur le site Exquise nouvelle
Mais cette foule d’auteurs n’est pas isolée de ses lecteurs, bien au contraire. C’est une véritable fête consacrée à la lecture car plus d’une vingtaine de stands de libraires forment un sacré bataillon culturel au sein d’une fête foraine où le Grand huit voisine avec un vendeur de DVD d’occasion et tel autre manège tient compagnie au stand d’une librairie de bandes dessinées. On chante, on trinque mais on débat également durant des tables rondes et les présentations de chacune des nouveautés parues dans l’année et qui ont présidé à l’invitation de tous ces joyeux compagnons. D’autant plus joyeux qu’ils participeront sans chichi à une soirée karaoké, puis le lendemain, costumés et habilement maquillés, joueront une pièce écrite par l’un d’entre eux (Mateo-Sagasta si j’ai bien suivi). Vous comprendrez qu’on se poile à la Semana Negra comme nulle part ailleurs. A onze heures, Paco Ignacio Taibo II, le créateur et animateur perpétuel de la Semana [celle-ci fête en 2010 ses 23 années d'existence] va annoncer au public et à la presse les noms des cinq gagnants des divers prix en compétition où pour chaque rubrique, cinq ou six ouvrages se trouvaient sélectionnés. Et le secret avait été bien gardé par les cinq jurys respectifs, tous composés par un trio de romanciers et romancières. Et pas de magouille, ni de coups bas. Il n’est qu’à lire les livres gagnants pour s’en convaincre ; Il n’est qu’à assister à la présentation d’un auteur par un de ses confrères. Ce dernier est d’un enthousiasme et d’un dynamisme que j’ai rarement rencontré en France. C’est encore un aspect positif de cette semana. Même si les ego de chacun sont présents, ce qui me semble naturel, ils n’accaparent pas plus qu’il ne le faut, le devant de la scène. Bon alors qu’à présent, les retardataires, les « qui savaient pas » ont appris ce qu’était la semana negra, je vais vous parler d’un monsieur fantastique que j’y ai rencontré. J’ai même diné en tête à tête avec lui et appris des tas de choses sur la vie politique argentine. Avant de vous parler de lui, une seconde de patience pour vous signaler une autre rencontre étonnante. Il y a quatre ans de cela, Miguel Rios, un des chanteurs de rock les plus fameux d’Espagne, était invité à la semana. Comme j’ai toujours de la chance, Miguel Rios m’a convié à partager sa table vers une heure du matin et nous avons devisé et chanté jusqu’à sept heures du matin. Cette année, autre rencontre incroyable. Après le repas du soir, je me suis trouvé en face de Curro Savoy, King of the Whistlers, Rey del silbido ou si vous n’avez pas encore tilté, j’étais en présence du roi des siffleurs. C’est quoi un roi des siffleurs ? C’est la personne qui a enregistré la partie sifflée de la bande originale du film Le bon la brute et le truand, entre autres car il a sifflé dans tous les films de Sergio Leone. Au total, Curro Savoy a sifflé pour la bande musicale d’une centaine de films. Bien sûr, il ne fait pas que cela. Il joue aussi de la guitare et chante le blues, ce que nous avons fait ensemble durant quelques heures. Au moment de son départ, il m’a offert un de ses disques.
La seconde édition de Toulouse Polars du sud se tiendra du 7 au 10 octobre 2010. Le conseil d’administration de notre association a décidé d’élargir la plage de cette manifestation et de débuter le jeudi afin de permettre aux bibliothécaires de la région Midi Pyrénées de participer ce jeudi 7 à une matinée professionnelle consacrée à la bande dessinée policière. Pour présenter un tel sujet, nous avons fait appel au grand spécialiste national Frédéric Prilleux qui dirige la médiathèque de Pordic, dans les Côtes d’Armor. Une médiathèque appelée la Noiraude dont la spécificité consiste à indexer et assurer la conservation de toutes les nouvelles policières écrites par des auteurs français. Si vous cherchez la bibliographie d’un auteur, vous pouvez noter le tuyau et écrire à l’équipe de la Noiraude, Médiathèque municipale 22590 Pordic. A noter que la matinée du vendredi 8 octobre, Frédéric Prilleux interviendra de nouveau sur la BD policière avec un second sujet toujours dans le cadre de la formation. Destinées à tous les professionnels des métiers du livre, ces demi-journées sont également ouvertes à tous les adhérents de Toulouse Polars du sud et de l’association 813. Débuter ce salon dès le jeudi 7 octobre offre aussi la possibilité de proposer aux responsables des bibliothèques et médiathèques de Midi Pyrénées d’inviter différents auteurs français ou étrangers et d’organiser avec leur concours des animations le jeudi et le vendredi, le salon toulousain débutant samedi en matinée pour s’achever dimanche en fin d’après-midi. A ce jour, la programmation est quasi-achevée avec 72 invités dont une douzaine de dessinateurs. Conformément à notre spécificité, nous avons conviés des romanciers espagnols, italiens ainsi qu’une romancière iranienne et une autre turque. En attendant de vous dresser la liste complète, voici l’affiche de cette seconde édition, affiche due au talentueux Jo Pinelli, professeur à l’académie royale des beaux arts de Liège, ville belge déjà célèbre grâce à Georges Simenon.
- le Polar : - les rencontres et dédicaces : - la convivialité :
Je ne figure pas sur la liste des auteurs invités, mais je serai présent pour une conférence sur l’histoire du roman noir américain
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