Si vous ne connaissez pas encore Michael Dibdin (1947-2007), voici l’occasion de découvrir ce talentueux romancier anglais. Il a débuté en 1978 avec une splendide imitation de Conan Doyle (L’Ultime défi de Sherlock Holmes).
Il a aussi parodié avec humour la Miss Marple d’Agatha Christie (Derniers feux) et écrit plusieurs autres récits criminels. Son grand succès est une série consacrée au commissaire Aurelio Zen, de la brigade criminelle de Rome. Lagune morte, sa quatrième enquête, se déroule à Venise, sa ville natale, où il est chargé de s’intéresser à de mystérieux fantômes sensés persécuter une vieille aristocrate de . En réalité, Zen enquête sur la disparition d’un riche américain plus ou moins impliqué dans le conflit yougoslave. Dans Vengeances tardives, sa sixième affaire, Zen se retrouve dans un village piémontais dont les deux spécialités sont la truffe blanche et le vin de Barbaresco. Un célèbre metteur en scène romain, amateur de ce breuvage, ayant appris que Vincenzo, le producteur de ce grand cru, a été assassiné et son fils Manlio soupçonné du meurtre, a obligé Zen à aller enquêter sur place pour innocenter le garçon, sous peine de se retrouver dans le sud de l’Italie à combattre la Mafia. Reçu comme un parfait étranger par la population, Zen se rend bien compte que des informations lui échappent. Mais petit à petit, son intuition, alliée à son habileté à s’affranchir de la législation (en particulier dans les interrogatoires où il prêche le faux pour obliger ses interlocuteurs à parler), vont le faire considérer par la police locale comme un virtuose des affaires criminelles. Les secrets, jalousement gardés par une communauté qui vit repliée sur elle même, vont surgir. Vrais bonheurs de lecture, ces deux récits, parfaitement construits, illustrent la maîtrise de Michael Dibdin pour mener les enquêtes de son personnage, avec leur lot de surprises et de fausses pistes, mais aussi toute une série de notations passionnantes sur la société italienne. Au-delà même de ses investigations que Zen conduit parfois de façon peu orthodoxe, c’est aussi sa vie personnelle, faite de désillusions sentimentales et de solitude qui apparaît conférant au personnage une dimension attachante.
Bibliographie : Michael Dibdin, Lagune morte, Calmann-Lévy.et Livre de poche n°17080. 380 pages. Michael Dibdin, Vengeances tardives, Calmann-Lévy. 292 pages.


