Trop humains
Trop humains, de Donald Westlake, pourrait s’apparenter, comme l’indique son éditeur, à un « frileur » apocalyptique. Dieu en a assez de ce monde et des humains qui l’habitent. Il faut y mettre un terme. Ananayel, un ange de seconde zone qui a tout du larbin médiocre, est envoyé sur terre. À lui de donner les coups de pouce judicieux pour inciter l’humanité à réaliser son autodestruction. L’ange va manipuler quelques humains, comme des pions, pour mener à bien sa mission: une employée de banque en mal d’amour, un pompier russe irradié à Tchernobyl, un jeune dissident chinois, un cambrioleur américain récemment libéré, une chanteuse brésilienne activiste et une prostituée kenyane. Sur sa route, il va affronter quelques envoyés du démon qui veulent garder le monde comme il est, avec sa vermine… Westlake, d’ordinaire spécialiste des romans noirs à l’humour frénétique, n’a pas son pareil pour animer cette épopée planétaire qui se dévore d’une traite. Même s’il se veut plus grave pour décrire ce qui va mal sur notre planète, on retrouve au fil des pages son imagination prodigieuse, sa fantaisie permanente qui dissimule un pessimisme profond. Ses marques de fabrique en quelque sorte.


