UNE REINE DU SUSPENSE PSYCHOLOGIQUE
Le suspense a toujours constitué un sous-genre du polar très prisé outre Atlantique ainsi qu’en France où chaque roman de Mary Higgins Clark est diffusé à des centaines de milliers d’exemplaires. Voici Expiation premier opus de l’Américaine Patricia MacDonald, autre experte du genre. Son héroïne (c’est une règle de mettre en scène une femme qui va vivre d’angoissantes journées), la jeune Margaret Fraser, condamnée à tort pour le meurtre de son amant (marié et père de famille), est libérée au bout de douze ans. Trouver un emploi relève du miracle et pourtant! Le directeur d’une gazette lui propose un poste de secrétaire de rédaction. Et Maggie, pleine d’espoir, avec sa petite valise et sa bonne volonté, débarque un matin du ferry sur l’île de Heron’s Neck, à une heure des côtes de la Nouvelle Angleterre. Au journal, Emmett, le vieux directeur qui lui a écrit, est absent. Parti pour une longue croisière sans qu’on sache la date de son retour. Le rédacteur en chef, Jess Herbie, étonné par cette arrivée impromptue, embauche néanmoins Margaret. Il va, rapidement, en tomber amoureux. Attitude qui n’est pas du goût des deux autres femmes de la gazette. La secrétaire de rédaction, Grace, manifeste une franche hostilité, croyant qu’on va lui voler son travail. La jeune Evy adopte la même attitude car secrètement amoureuse de son chef. Après ce début relativement classique, on attaque le plat de résistance. Et la romancière nous distille par petites touches d’abord, puis avec de gros effets la trame du piège monstrueux dans lequel est venue se jeter son héroïne. Car vous l’avez déjà deviné, cette embauche est le prélude à une machination qui va se dérouler sous nos yeux avec une précision diabolique. Ce récit pourra intéresser les lecteurs friands de littérature à frissons spéciaux garantis, même s’il ne constitue pas un chef d’œuvre du genre. Il s’agit en effet du premier roman de Patricia MacDonald, paru en 1981 aux Etats-Unis et si on y retrouve la plupart de ses thèmes favoris (le passé qui refait surface, le climat austère et étriqué des bourgades provinciales, la haine et la jalousie qui confinent à la folie, une pointe de dérision sur la religion) la romancière dans ses cinq livres suivants a fait aussi bien, sinon mieux notamment avec Un étranger dans la maison ou Une femme sous surveillance que vous pourrez vous procurer chez le même éditeur ou en livre de poche.
Patricia MacDonald, Expiation, Albin Michel, 312 pages


