De son vrai nom André Isaac, il est né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne. Après la Première Guerre mondiale, il est chauffeur de taxi, homme-sandwich, représentant de commerce, puis chansonnier. Il crée « Le club des loufoques » et lance sur les ondes la « Course au trésor » avant de devenir le rédacteur en chef de L’Os à moelle, un hebdomadaire qui tire régulièrement à un demi-million d’exemplaires. Cette publication, intitulée Organe officiel des loufoques, connaîtra cent huit numéros de 1938 à 1940. C’est au fil des pages de cet hebdo que fleurissent les petites annonces du style « garde mobile cherche place stable » « si vous ne vous sentez pas bien faites vous sentir par les autres » « pour rentrer chez vous, une seule adresse, la vôtre ! ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Dac met son talent et sa verve caustique au service de la France libre, participant à Londres (1943-1944) à l’émission de la BBC « Les Français parlent aux Français ».
Malheur aux barbus
À partir des années 50, en collaboration avec son ami Francis Blanche (1921-1974), Pierre Dac crée deux feuilletons radiophoniques loufoques (Malheur aux barbus, puis Signé Furax) dans lesquels il raconte les aventures du commissaire Socrate et des détectives Black and White qui traquent inlassablement l’ignoble Furax dont les premiers méfaits ont été de kidnapper des dizaines de barbus parisiens. Version loufoque d’un Fantômas incarnant le mal, doté d’une intelligence qui donne le vertige, Furax sillonne la France et enlève plusieurs centaines de Barbus. Il projette de les transformer en créatures terrifiantes et omnipotentes qui lui seront aveuglément soumises. Chaque fois que la police croit pouvoir arrêter Furax, il réussit à s’enfuir. Une de ses trouvailles sera de transformer une île des Hébrides (l’île de Benbecula) en péniche de haute mer pour naviguer vers de nouveaux forfaits à Yadupour, capitale du Filekistan où la Maharanée Pauline IV a confié au Général Motors le soin d’empêcher l’invasion du pays par l’armée de Sama Koutra, leurs voisins. Puis la saga se déplace en Californie, à Pissaladiéra, dans le ranch de la Betterave maudite pour s’achever dans l’espace intersidéral.
Sauvés par la cuvette des WC
Son imagination n’a d’égal que celle des détectives Black and White (incarnés par Dac et Blanche dans leur feuilleton radiophonique). On les retrouve dans une scène hilarante où ils sont enfermés dans une maison aux issues toutes bloquées. Une bombe va exploser dans quelques minutes. Les deux loustics ne perdent pas leur sang froid et vont à la cuisine s’enduire le corps de saindoux avant de se glisser dans la cuvette des chiottes, de tirer la chasse d’eau et ainsi de s’enfuir par le conduit d’évacuation sanitaire avant que la maison ne soit détruite. Mais tous ces aspects loufoques et rocambolesques furent aussi l’occasion pour les deux auteurs d’évoquer les problèmes sociaux de cette période.
Le feuilleton Malheur aux barbus fut diffusé en 213 épisodes sur la Chaîne parisienne du 15 octobre 1951 au 19 juin 1952 (avant d’être novélisé la même année). Signé Furax débuta le 22 octobre 1956 sur Europe n° 1 et se prolongea durant quatre saisons jusqu’en 1960 soit 1034 épisodes (il donna lieu à une bande dessinée de Henry Blanc, publiée quotidiennement dans France-Soir de mars 1957 à septembre 1960). Pierre Dac écrivit aussi, en collaboration avec Louis Rognoni, Bons baisers de partout, un ultime feuilleton d’espionnage loufoque qui met en scène le colonel Hubert de Guerlasse, chef du S.D.U.C. en compagnie du professeur Slalom Jérémie Ménerlâche, de Nicolas Leroidec et de Zorbec Legras. Pierre Arnaud de Chassy Poulay, ingénieur du son, responsable de la mise en ondes, est également à la base du succès des feuilletons pour ses sélections de musiques et de bruitages insolites. Pierre Dac est décédé le 8 février 1975.
POUR EN SAVOIR PLUS
Le Mystère de la cancoillotte et la vengeance du yaourt (Molinier, 1942, pièce radio) ; Du côté d’ailleurs ou les aventures du détective Sylvain Etiré (Martel, 1953) ; Du côté d’ailleurs et réciproquement. [série malheur aux barbus/éditions martel] Malheur aux barbus ; Confession de Furax ; Mangez de la salade (1952) ; Les Barbus de l’espace (1953). [série signé furax/éditions lattès] Le Boudin sacré ; Malheur aux babus ; Crimée… châtiment (1971) ; La Lumière qui s’éteint ; L’Atoll Anatole ; M… comme… (1972) ; Le Gruyère qui tue (1976). [série bons baisers de partout/éditions cherche midi] Opération Tupeutla (1982) ; Opération psychose toujours ; Psychose de plus en plus (1984).
EN SAVOIR ENCORE PLUS
les voix des personnages de « signé furax »
Edmond Furax (Jean-Marie Amato), sa compagne Malvina Carnajous (Jeanne Dorival) ; détective Black (Pierre Dac) ; détective White (Francis Blanche) ; commissaire Socrate de la PJ (Maurice Biraud) ; journaliste Fred Transport (Jean Poiret) ; Carole Hardy-Petit, la fiancée de Fred (Edith Fontaine) ; Professeur Hardy-Petit, titulaire de la chaire de barbologie analytique à la Sorbonne (Louis Blanche) ; Asti Spumante, tueur napolitain (Jean-Marie Amato) ; Fouvreaux, patron de la DDT (Jean-Marie Amato) ; Maurice la Grammaire (Maurice Biraud) ; l’ignoble Klakmuf (Claude Dasset) ; Grougnache (Robert Verbeke) ; Théo Courant (Claude Nicot) ; Tapioca (Arlette Rebora) ; La Maharanée de Sama Koutra (Pauline Carton)


