Dans les bois éternels – Fred Vargas

Publié dans Chez le bouquiniste Mercredi 11 février 2009

« Dans les bois éternels » de  Fred Vargas traite, à la manière du théâtre grec, de la vengeance ancienne, celle qui ne s’efface jamais, dont les comptes n’ont jamais été apurés et de l’amour, éternel bien sûr, de celui qu’on ne peut partager avec un autre. Les romans de Vargas se lisent comme des contes. Aussi ne doit-on rien révéler par avance. Sachez cependant qu’autour du commissaire Adamsberg, « Le Pelleteur de nuages », on trouve pour faire bon poids, un tueuse à la seringue, une médecin légiste qu’Adamsberg envisage de mettre dans son lit, une brigade police dont Sarkozy ne voudrait à aucun prix, bien reserrée autour de son commissaire, un lieutenant qui s’exprime en alexandrins (« J’irai plus sûrement si j’avance sans hâte, Il n’est pas de combat que l’empressement ne gâte »), de nouveaux amis en Normandie, des cerfs dont on a sectionné les bois et arraché le coeur, des vierges visitées dans leur cercueil, le « De Sanctis reliquis », ouvrage célèbre surtout dans son édition de 1663, de l’os du groin de porc, etc. Et comme à chaque roman, l’ensemble est relié à la bonne sauce Vargas car comme dans toute bonne cuisine, ce qui compte, c’est la qualité des ingrédients. Et chez Vargas, ils sont légion : écriture soignée, fine, délicate, humour à fleuret moucheté, dialogues surprenants et drôles, tendresse et poésie. J’oubliais de vous parler de la toute nouvelle paternité d’Adamsberg.qui lit à son petit Tom pour l’endormir un ouvrage de quatre cent pages sur l’architecture pyrénéenne intitulée : « Construire en Béarn – Techniques traditionnelles du XIIe au XIXe siècle ». Ce qui est intéressant c’est la « double nécessité compensatoire, générée par la petitesse du matériau et la faiblesse du mortier pulvérulent ». Vous dormez déjà ? Tom aussi. Au fait, saviez-vous que le coeur du cerf possède un os ?